Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

450 000 étudiants étrangers : combien ça coûte, combien ça rapporte ? [Nouvelle étude]

Dans la 53ᵉ étude de Contribuables Associés, Jean-Paul Gourévitch livre le premier bilan financier complet de la présence des étudiants étrangers en France.

En 2025-2026, la France accueille environ 450000 étudiants étrangers, soit 15% de sa population étudiante. L’immigration étudiante est devenue le premier motif de délivrance de premiers titres de séjour : 117 970 en 2025, devant l’immigration familiale (91 100) et humanitaire (92 610).

En dix ans, ce flux a augmenté de 70 %, avec une progression encore plus marquée pour les ressortissants d’Afrique subsaharienne, dont les premiers titres étudiants ont quasiment triplé.

Plus de la moitié de ces étudiants sont originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. Ce sont également ceux qui présentent les taux de réussite les plus faibles : 62,5 % des étudiants maghrébins et près de 60 % des étudiants subsahariens n’obtiennent pas leur licence en quatre ans.

Étudiants étrangers : la balance des comptes 

L’étude établit une balance exhaustive. Les dépenses annuelles de l’État s’élèvent à 3,415 milliards d’euros, réparties entre la dépense intérieure de formation (2,438 milliards d’euros), les aides au logement (APL, 259 millions d’euros), les bourses (250 millions d’euros), les remboursements de soins (229,5 millions d’euros), les aides aux repas (59,7 millions d’euros), les aides d’urgence du CROUS (43,5 millions d’euros) et les réductions de transport (135 millions d’euros).

Les recettes directes encaissées par l’État se limitent à 1,237 milliard d’euros. Le déficit annuel ressort donc à 2,18 milliards d’euros, soit 4 839 euros par étudiant étranger, à la charge des seuls contribuables. 

En revanche, les étudiants qui resteront travailler en France sont susceptibles de rapporter à l’État 1,7 milliard d’euros.

Des succès quantitatifs qui masquent un échec qualitatif

Sur le plan des volumes, l’opération « Bienvenue en France » approche son objectif de 500 000 étudiants. Mais selon la Cour des comptes, seuls 4 des 28 objectifs fixés ont été réellement atteints. Sur le plan qualitatif, le constat est accablant.

Les étudiants étrangers se concentrent dans les filières les moins porteuses professionnellement. La France a attiré ceux qui voulaient étudier, non ceux dont elle avait besoin. 66,2 % n’ont pas obtenu leur licence en trois ans, et 51,5 % en quatre ans. La politique d’accueil non sélective produit ainsi deux effets symétriques : elle déçoit ceux qu’elle prétend aider et grève les finances publiques sans retour assuré.

Étudiants étrangers : des solutions concrètes

8 recommandations pour mieux aider en dépensant moins

Face à ce diagnostic, l’étude formule huit propositions concrètes :

  • Vérification rigoureuse des dossiers d’admission (identité, établissement agréé, niveau de français, justificatifs de ressources certifiés)
  • Relèvement du plancher de ressources exigé de 615 à 900 € mensuels, avec réévaluation des bourses en privilégiant les bourses du gouvernement français
  • Généralisation des droits différenciés dans toutes les universités
  • Refus de renouvellement de visa pour les étudiants sans progression démontrée au bout de trois ans
  • Orientation prioritaire vers les BUT, licences professionnelles, masters et doctorats, au détriment des premières années de licence
  • Accueil prioritaire dans les disciplines en tension (médecine, ingénierie, IA)
  • Mécanisme de défiscalisation pour l’investissement privé dans la formation
  • Lancement d’une recherche ciblée sur le devenir des étudiants étrangers après leurs études

 

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