Les portiques, eux, sont restés. Entretenus, réparés, financés par le contribuable et parfaitement inutiles.
Facture réellement déboursée : près d’un milliard d’euros, et jusqu’à onze milliards, selon la Cour des comptes, si l’on y ajoute les recettes que la taxe aurait dû rapporter. Un cas d’école de la gabegie d’État, dont personne n’a jamais vraiment rendu compte.
174 portiques, zéro jour de service : le monument à l’incompétence
Ils sont toujours là, au bord des routes nationales et secondaires françaises.
Ces armatures métalliques surmontées de caméras, installées en 2013 pour contrôler l’écotaxe sur les camions, n’ont jamais rempli leur fonction un seul jour. La taxe a été abandonnée en 2014, sous la pression des « Bonnets rouges » bretons. Les portiques, eux, sont restés et y sont encore aujourd’hui.
Non seulement ils n’ont jamais servi, mais ils continuent de coûter. L’État les fait réparer et entretenir à ses frais depuis plus de dix ans. Et si quelqu’un s’avisait de les démanteler enfin, la facture s’élèverait à 7 millions d’euros supplémentaires, selon TF1, pour les 174 structures encore en place.
On ne les démonte pas parce que ça coûte trop cher, mais on continue de les entretenir, ce qui coûte aussi. La logique de la dépense publique à la française dans toute sa splendeur.
957 millions versés à Ecomouv’ pour une taxe jamais entrée en vigueur
Derrière l’absurdité des portiques fantômes se cache une réalité financière autrement plus grave.
Selon la Cour des comptes, l’État a réellement dépensé près d’un milliard d’euros dans cette aventure : 957 millions d’euros d’indemnités versées au consortium Ecomouv’, chargé de déployer le dispositif, et 70 millions engagés par les administrations.
S’y ajoutent près de dix milliards d’euros de recettes que la taxe aurait dû rapporter sur dix ans – un manque à gagner, et non de l’argent dépensé. Près d’un milliard d’euros déboursés, donc, pour une taxe qui n’a jamais fonctionné.
Comment en est-on arrivé là ? Par la signature de contrats que l’ancien secrétaire d’État aux Transports, Frédéric Cuvillier, a lui-même qualifiés de « complètement blindés » au micro de TF1 (4 juin 2026).
Résultat : quand la taxe a été abandonnée, il a fallu indemniser Ecomouv’ à hauteur de 957 millions d’euros, sans pouvoir récupérer le moindre centime. Douze ans plus tard, les portiques rouillent toujours au bord des routes, et c’est encore le contribuable qui en paie l’entretien.
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