Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Petits colis, grande déconvenue : la taxe des petits colis rapporte 14 fois moins que prévu

ARMMY PICCA / Shutterstock
Pensée pour rapporter vite et frapper fort, la taxe sur les petits colis fait gagner seulement 2,3 millions d'euros par mois à l’État.

Le directeur général des Douanes l’a reconnu devant l’Assemblée nationale, nous révèle Le Figaro : la taxe de 2 euros sur les petits colis ne rapporte que 2,3 millions d’euros par mois à l’État.

Soit un rythme annuel de moins de 28 millions d’euros, contre les 400 millions promis dans la loi de finances. Le contournement massif des plateformes chinoises transforme cette mesure phare en une quasi coquille vide.

90 % des flux de colis détournés en deux mois

Les chiffres sont implacables. Depuis l’entrée en vigueur de la taxe le 1er mars 2026, le directeur général des Douanes Florian Colas a reconnu devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale que « le déport de volume » lié au contournement est « de l’ordre de 90%« .

Concrètement : « On est passé d’environ 500 000 déclarations par jour à environ 50 000 aujourd’hui. »

Temu, Shein et Ali Express ont immédiatement trouvé la parade : expédier les colis vers des hubs logistiques installés dans d’autres pays européens, notamment en Belgique et aux Pays-Bas, puis les acheminer par route jusqu’en France, hors du champ de la taxe.

Une stratégie simple, légale, et redoutablement efficace.

Bercy devra « actualiser » ses prévisions de taxations des colis

Le directeur général des Douanes a prudemment indiqué que le chiffre inscrit dans la loi de finances allait « probablement » devoir être « actualisé » , sans préciser de combien.

La justification avancée : la taxe avait été calibrée « avec l’hypothèse d’une entrée en vigueur coordonnée avec les autres pays européens« , qui y ont finalement renoncé.

La France s’est donc retrouvée seule à appliquer une mesure conçue pour fonctionner à plusieurs.

Le gouvernement qualifie la situation de « transitoire » et mise sur l’harmonisation européenne : un droit de douane de 3 euros par article prévu en juillet 2026, puis un dispositif complet d’ici novembre.

D’ici là, les contribuables français financeront une mesure dont le rendement réel couvre à peine les coûts administratifs de son application…

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