Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Guillaume Kasbarian : fonction publique et réforme de l’État [VIDÉO]

© Jean-Baptiste Leon / Contribuables Associés
Le sujet de la fonction public est central pour comprendre le fonctionnement de l'État. Le député Ensemble pour la République d’Eure-et-Loir, et ancien ministre de la Fonction publique,Guillaume Kasbarian nous a livré ses pistes pour réformer l'État en profondeur. Entretien

Pendant votre passage au ministère, quelles économies avez-vous concrètement proposées, et lesquelles ont abouti ?

J’ai proposé un ensemble de mesures d’économies : trois jours de carence, la réduction de la prise en charge des arrêts maladie de 100 % à 90 %, et aussi la suppression de la GIPA, une prime souvent versée à certains agents déjà parmi les mieux rémunérés. J’ai également proposé 25 % d’économies au sein de mon propre ministère. La baisse de prise en charge à 90 % a été reprise ; en revanche, les trois jours de carence ont malheureusement été abandonnés.

Vous reconnaissez un « échec collectif » sur la baisse des effectifs. Qu’est ce qui a coincé ?

Je ne vais pas vous dire autre chose : l’objectif n’a pas été atteint et les effectifs ont même augmenté. C’est effectivement un échec collectif. Mais il faut regarder où cela a augmenté : dans la Territoriale. Et là, la hausse a été sept fois supérieure à celle de la fonction publique d’État. Quand je demande à des élus pour quoi ils ne suppriment pas de postes, on me répond souvent : « Parce qu’on a aussi une vocation sociale dans les recrutements »…

Sur le fond, je pense que le statut de fonctionnaire doit être recentré en priorité sur la fonction publique d’État et sur les missions régaliennes.

Vous dites ne pas croire à l’« État profond ». Concrètement, comment un ministre reprend-il la main quand l’administration freine ou dilue une réforme ?

Quand ça ne marche pas dans un ministère, ce n’est pas d’abord la faute des hauts fonctionnaires : c’est la responsabilité du poli tique. Je ne crois pas à l’idée d’un « État profond » qui nous empêcherait de réformer. Si le cap est clair, l’administration est loyale.

Et si certains directeurs ne sont pas d’accord, je leur dis : « Si vous n’êtes pas aligné avec la politique que je veux mener, il est temps de partir. » Il faut un pilotage serré – comme je l’ai fait sur les squats – en appelant les préfets chaque mois.

Plus d’un tiers des députés viennent de la fonction publique. Comment éviter un biais corporatiste quand il faut réformer ? Faut-il imposer la démission de tout agent public élu député ?

Je ne veux pas stigmatiser la présence de fonctionnaires à l’Assemblée nationale. En revanche, il y a un vrai sujet : on voit de plus en plus d’élus qui n’ont jamais travaillé dans le privé. Le système actuel est trop confortable : quand vous gagnez, vous devenez député ; quand vous perdez, vous retrouvez votre poste assez facilement.

Pour moi, c’est simple : vous voulez faire de la politique ? Très bien. Mais vous démissionnez.

Je suis d’ailleurs favorable au modèle britannique : quand un fonctionnaire décide de se présenter aux législatives, il doit quitter son poste.

Entretien à retrouver dans ce numéro de Tous contribuables en cliquant ici !

Guillaume Kasbarian est aussi venu expliquer devant les contribuables comment réformer l’État pour libérer notre économie et protéger les contribuables !

Une réponse

  1. Bonjour,
    Je trouve que l’administration a beaucoup de pouvoir ce qui ralentit l’action politique. Notre système administratif est obsolète car la société a mutée et on n’arrive plus a accélérer pour répondre …..!
    Un ministre n’a aucun pouvoir face à un directeur de son ministère. Guillaume GASPARIAN ne peut pas obliger un fonctionnaire de quitter la fonction publique. La seule possibilité c’est de lui donner un autre poste.
    Même le président se heurte à l’administration , la preuve la loi sur les réseaux sociaux .
    Cordialement.

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