Dette publique : les bons samaritains des finances publiques
Le 21 juillet dernier, un arrêté publié au Journal officiel listait huit donateurs ayant versé des sommes à l’État :
10 euros « au profit de la réduction de la dette publique« , 73 euros « pour service de la dette« , 100 euros « au profit du paiement de la dette publique« , 180 euros versés en trois fois pour « participer au désendettement de la France« .
Total encaissé sur le trimestre : 1 223 euros.
BFM TV s’est penché sur ce phénomène.
BFM TV s’est penché sur ce phénomène. Parmi eux, Bruno Alessi, ancien militaire réserviste travaillant dans l’aérospatial à Toulouse, a fait son premier don fin 2024 – un chèque de 150 euros – puis verse 50 euros par mois depuis début 2025.
Il a écrit au ministère de l’Économie, reçu un RIB, et verse désormais chaque mois sa contribution volontaire. « Je ne suis pas le seul. Je pense que je m’inscris dans une lignée de Français qui veulent aider« , explique-t-il au micro de RMC.
En 2021, un certain Michel Fache avait lui versé 40 000 euros – soit à l’époque à peu près l’équivalent de la dette par habitant.
Ces dons n’ouvrent droit à aucun avantage fiscal. Leurs auteurs ne cherchent ni réduction d’impôt ni reconnaissance publique. Ils donnent parce qu’ils estiment que c’est leur devoir.
C’est admirable et profondément problématique.
Dette publique : ce que révèlent ces dons citoyens
Que des citoyens éprouvent le besoin de compenser par leurs propres moyens le dérapage des finances publiques dit quelque chose d’essentiel sur l’état de confiance – ou plutôt de défiance – entre les Français et leurs gouvernants.
Ces donateurs ne font pas confiance à l’État pour se réformer lui-même. Ils essaient, à leur échelle, de colmater une brèche que des décennies de gestion laxiste ont ouverte.
Car rappelons les chiffres. La dette publique française dépasse aujourd’hui les 3 500 milliards d’euros. Elle a augmenté de 1 200 milliards entre 2017 et 2025. Et la charge annuelle des intérêts ne cesse, elle aussi, de grimper.
Dans ce contexte, les 1 223 euros de dons volontaires du quatrième trimestre 2025 représentent 0,00000003% de la dette, soit environ 1 euro pour 2,9 milliards d’euros de dette.
Contribuables Associés ne peut qu’être touché par ce geste civique. Mais la solution à 3 500 milliards de dette ne viendra pas de chèques de 73 euros envoyés au ministère de l’Économie.
Elle doit venir de réformes structurelles sérieuses, de coupes dans les dépenses publiques, et d’élus qui assument enfin la responsabilité de leurs choix budgétaires.


2 réponses
L’état peut peut-être lancer une souscription, volontaire donc, ayant trait spécifiquement au remboursement de la dette publique, comme pour la reconstruction de Notre Dame de Paris. Il y aurait certainement beaucoup de bonnes âmes pour souscrire.
Mais quel camouflet ça serait pour les gouvernants de tous bords qui ont été aux affaires depuis 50 ans !
Personnellement je ne sais pas si je donnerais. Tout au moins pas si la démarche n’était pas accompagnée de meilleures dispositions en haut lieu, du style règle d’or.
On n’encourage pas le vice qui se perpétue !
Bonjour,
Au fait ce que vous dites en creux c’est qu’il faudrait que ceux et celles qui en ont les moyens contribuent davantage. Vous vous en émouvez car c’est une contribution volontaire de la part de ces personnes qui ont encore un sens citoyen.. mais cela suggère en creux que les contribuables qui en ont les moyens pourraient participer a cette louable intention de réduire notre déficit public mais ne font pas acte de citoyenneté. Ce qui nous ramène finalement à l’éternelle question : pourqoi ne pas faire contribuer, les citoyens et citoyennes qui en ont les moyens, à la vie de la nation via l’impôt ?