En matière de régime minceur, l’État Moloch reporte une nouvelle fois la diète qu’il devrait s’appliquer en stabilisant, à tout le moins, ses effectifs.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 affiche bien une baisse de 1 076 emplois, mais ce chiffre mérite d’être décortiqué puisque le même PLF annonce la création nette de 8 025 équivalents temps plein dans les ministères.
Budget 2027 : 8 025 fonctionnaires viennent renforcer les rangs
Le site Acteurs publics détaille cette répartition : 3 257 postes supplémentaires à l’Éducation nationale, 2 090 aux Armées, 1 381 à l’Intérieur et 1 301 à la Justice.
Pour parvenir aux 1 076 suppressions de postes avancées, rien de tel qu’une pincée de poudre de perlimpinpin : le gouvernement retire du calcul les créations liées à la réforme de la formation des enseignants et celles découlant de la loi de programmation militaire.
Il fait en revanche état de 1 000 suppressions dans les caisses de Sécurité sociale, alors que les salariés de ces organismes ne sont pas rattachés au régime des fonctionnaires d’État !¹
Ces 8 025 créations de postes ne constituent pas un épisode isolé, mais une nouvelle étape dans une vague de recrutements massive.
Selon l’Insee, les trois fonctions publiques comptaient environ 5,67 millions d’agents fin 2016, contre près de 5,88 millions fin 2024.
Soit 207 000 agents publics supplémentaires en huit ans, contrats aidés compris.
Pour mémoire, en 2017, Emmanuel Macron promettait de réduire de 120 000 le nombre d’agents publics : 50 000 dans l’État et 70 000 dans les collectivités.
En 2025, la facture salariale de l’ensemble des administrations publiques a atteint 370 milliards d’euros, soit environ 12,4 % du PIB, selon l’Insee.
Pour l’État, la masse salariale hors pensions s’est élevée à 106,9 milliards d’euros en exécution.
Les collectivités locales ont consacré environ 78,1 milliards d’euros aux frais de personnel en 2025, contre 76,4 milliards en 2024.
Pour les hôpitaux publics, la dernière donnée détaillée disponible de la Drees porte encore sur 2024 : les charges de personnel atteignaient alors 63,3 milliards d’euros, contre 60,8 milliards un an plus tôt.
Avec les nouveaux postes prévus en 2027, la note présentée aux contribuables va encore déraper.
Budget 2027 : contribuables souriez, les fonctionnaires seront embauchés
Sur la base du coût moyen d’un emploi de l’État², ces 8 025 postes représentent de l’ordre de 440 millions d’euros par an hors pensions, et près de 650 millions une fois intégrées les contributions employeur aux retraites.
Cet ordre de grandeur variera selon la nature des recrutements et leur calendrier.
Le tout alors que le PLF 2027 prévoit toujours un déficit public de 5 % du PIB et une dette à 121,7 %. Le gouvernement annonce parallèlement un effort de redressement des comptes de 54 milliards d’euros.
L’État cherche donc à réduire son déficit tout en continuant d’augmenter ses effectifs.
Pour boucler les comptes, il faudra trouver les économies ailleurs – ou trouver davantage de recettes du côté des contribuables.
¹ Présentation générale du PLF pour 2027, page 12
² Environ 54 600 euros par emploi et par an hors pensions, de l’ordre de 80 000 euros en ajoutant les contributions de l’État employeur au compte des pensions.
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2 réponses
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On ne parle jamais assez de la fonction publique territoriale ( région, département, métropole) qui contribue pour une grande partie à l’augmentation du nombre d’agents publics.