Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Gestion communale. Trois questions à Christian Saint-Étienne [Tous Contribuables #37]

Christian Saint-Étienne, professeur d’économie au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), estime que plusieurs grandes métropoles se sont engagées dans une impasse économique. Entretien à retrouver dans le Tous contribuables n°37 spécial Municipales 2026.

Selon la Cour des comptes, 4 306 communes ont un taux d’épargne brute sous le seuil d’alerte et la situation des grandes villes se dégrade. Comment en est-on arrivé là ?

Christian Saint-Etienne : La réalité, c’est qu’ici comme ailleurs, on se préoccupe du présent mais pas du futur, et que l’on reporte les dettes sur les épaules des générations à venir.

Pour enrayer cette mécanique du déclin, il faudrait modifier la Constitution et contraindre les collectivités à couvrir au moins 60 % de leur budget d’investissement avec des recettes courantes.

Ce ratio, qui résulte de la part de renouvellement des équipements des collectivités locales, devrait être sanctuarisé dans la Constitution ou dans une loi organique.

C’est la meilleure façon d’échapper aux pressions locales qui aboutissent toujours à gonfler les dépenses de personnel et les subventions de fonctionnement.

On reporte les dettes sur les épaules des générations à venir.

En attendant, les impôts locaux ne cessent de grimper pour boucher les trous budgétaires…

La suppression totale de la taxe d’habitation a été une erreur, parce qu’elle a privé les communes d’un lien direct entre les habitants et le financement local, ce qui est à la fois dangereux pour la responsabilité démocratique et pour la responsabilité budgétaire.

Pour éviter le « tout-vient-de-l’État » qui encourage la dépense déresponsabilisée, le clientélisme et la hausse de la fiscalité pour les seuls propriétaires, je pense qu’il faudrait rétablir la taxe d’habitation en instaurant un certain nombre de sécurités.

Par exemple, la taxe sur le foncier bâti ne pourrait pas évoluer plus vite que la taxe d’habitation (TH) payée par tous. Grâce aux recettes issues de la TH, il serait aussi possible de réduire le montant de la taxe foncière, par exemple à hauteur de 50 % des recettes de la TH.

La TH permet de rétablir un lien financier entre les collectivités locales et leurs électeurs afin qu’ils réalisent que rien n’est gratuit.

La situation des grandes métropoles vous paraît-elle inquiétante ?

Et comment !

Paris est un exemple du genre : c’est une ville qui compte 54 000 agents – un record par rapport aux autres villes européennes de taille comparable – et dont l’endettement
a été multiplié par neuf depuis le début des années 2000.

La dette dépasse 9 milliards d’euros. En prime, Paris s’est transformé en chantier permanent avec une insécurité croissante, notamment dans sa partie nord.

Si la situation financière de Paris ne peut être occultée, de mauvaises surprises sont à redouter dans d’autres grandes agglomérations comme Lyon, Grenoble ou Bordeaux.

Ces municipalités écologistes ont détruit de la richesse en interdisant à des entreprises de s’installer sur place.

Les contribuables locaux n’ont pas fini d’en payer les conséquences.

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Une réponse

  1. Merci, Monsieur de vous intéresser à la fracture sociale … ou du gap
    comme vous dites maintenant … ça fait moins prolo.
    Ne pensez-vous cependant, que la relance ne peut venir que de là ?

    Merci de votre attention
    Françoise VAULET – 57150 CREUTZWALD

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