Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Carte Urgence Toilettes : un besoin de loi pressant…

@ Florian5996 / Shutterstock
Lorsque le Sénat publia la proposition de loi pour « un droit d’accès aux toilettes », beaucoup crurent à une blague. Il n’en est rien.

Imposer un droit d’accès aux toilettes témoigne déjà d’un manque de confiance dans le genre humain. Mais le faire à la veille du 1er avril dénote en plus un manque de tact.

En Beaujolais, les habitants de Clochemerle se souviennent qu’un urinoir mal placé déclencha les hostilités. Les autres l’ont oublié.

En effet, si les bruits de bottes résonnent partout de par le monde, le Sénat s’occupe des bruits de chiottes et vise sans honte au-dessous de la ceinture pendant que les Français se la serrent de plus en plus.

On aurait pu rire de cette loi mais on s’abstiendra.

Certaines personnes souffrent de toutes les maladies citées dans le texte et ont besoin plus que d’autres d’accéder souvent aux toilettes.

Mais est-il pour autant nécessaire de créer la « Carte Urgence Toilettes » proposée par le sénateur sénateur Victorin Lurel (groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) ?

A-t-on réellement besoin d’une loi pour accéder aux toilettes ?

Les malades ont-ils vraiment envie d’exhiber leur « Carte Urgence Toilettes » au restaurant ou de s’en servir comme coupe-file dans la gare ?

Laissons plutôt agir le bon sens et la cordialité. Qui n’a jamais laissé sa place dans le bus à la femme enceinte ou aidé l’aveugle à traverser la rue ? Nul besoin d’une loi pour cela et tant mieux.

Et si la politesse se perd parfois, ce n’est pas la loi qui la fera revenir.

Œuvrons plutôt pour un retour à l’éducation, au savoir-vivre. Rendons toute sa place au service. D’autant que celui qui fait le bien par contrainte n’en retire aucune satisfaction ni aucun mérite. Il existera toujours des égoïstes, des sans-gêne et des malappris et la loi n’y fera rien.

Alors, laissons là ces lois de bons sentiments qui servent souvent à leurs auteurs à se faire mousser sur le dos des autres et faisons plutôt confiance au commerçant pour laisser ses toilettes ouvertes et au voyageur sa place libre.

S’il n’y a souvent qu’un pas de la morale au ridicule, il n’est pas rare que la distance soit encore plus courte entre la loi moralisatrice et la loi totalitaire.

Ne pavons pas de pissotières le chemin vers l’enfer.

Enfin, la générosité par la loi a un coût.

La loi envisagée prévoit l’installation obligatoire d’un nombre minimal de toilettes publiques gratuites dans toutes les communes de plus de 2 500 habitants.

Sachant que l’installation d’une seule toilette publique revient au moins à 100 000 euros et que son entretien annuel peut atteindre les 10 000 euros, on imagine aisément la place que pourrait prendre l’étron dans les dépenses municipales de nos petits bourgs.

Une réponse

  1. cette proposition de loi est attendue par nombre de malades. nous ne vivons pas dans le monde des bisounours et malheureusement, en rémission d’un cancer datant de 2024 et ayant encore à ce jour des effets secondaires de la radiothérapie (tout le bassin) qui ne me laissent pas le privilège de patienter pour aller aux toilettes, j’ai très fréquemment des problèmes d’accès aux toilettes notamment à cause du refus des commerçants qui sont bien loin de cette préoccupation qui ne les touche ni ne les émeut pas du tout. une carte serait donc très utile car nous parlons bien d’une angoisse invalidante au quotidien pour le moindre déplacement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *