Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Nantes (44). Un CHU à 1,25 milliard d’euros, mais pas de chambres climatisées !

© CHU Nantes
hôpital-Nantes
Construit à prix d’or sur une île inondable, le futur CHU de Nantes (Loire-Atlantique) nécessite de coûteuses acrobaties techniques. Mais, les chambres « conventionnelles » seront livrées sans climatisation !

Selon Météo-France, l’agglomération nantaise devrait connaître plusieurs journées consécutives au-dessus de 35 °C en cette fin juin 2026. Nantes a d’ailleurs battu son record mensuel de chaleur avec 41,7 °C le 22 juin 2026, le département de la Loire-Atlantique étant placé en vigilance rouge canicule

CHU de Nantes : suez vous êtes soignés…

Alors que la France suffoque, le futur CHU de Nantes réussit un exploit hors-norme : l’hôpital, l’un des plus onéreux jamais construit en France avec une facture cataracte dépassant désormais 1,25 milliard d’euros, ouvrira ses portes en 2028… avec des chambres « conventionnelles » dépourvues de climatisation !

Dans le jargon hospitalier, une « chambre conventionnelle » désigne une chambre d’hospitalisation classique, par opposition aux unités nécessitant des conditions techniques particulières (réanimation, etc.). Cette catégorie comprend par exemple les services de médecine générale, la chirurgie après intervention, la cardiologie hors soins intensifs, la pneumologie, etc.

En cas d’épisode caniculaire, ces chambres où séjourneront la majorité des patients seront simplement « rafraichies ». Pour justifier cette restriction, le CHU fait état de triples vitrages, de façades « bioclimatiques » et de toitures végétalisées filtrant le rayonnement solaire.

Selon le CHU, 86 % de la surface des bâtiments seront climatisés ou rafraîchis ; les chambres conventionnelles bénéficieront d’un air de renouvellement amené aux alentours de 23 °C.

Ces parades vertes touchent leurs limites quand le thermomètre vire au rouge. Selon les syndicats, elles ne permettent de gagner que quelques degrés. Lorsque le mercure affichera 40°C à l’extérieur, la température des chambres pourraient dépasser… les 34 ou 35°C !

Pour les chambres d’hospitalisation classiques, les recommandations de confort thermique généralement retenues dans les établissements de santé situent la température idéale entre 23 °C et 26 °C.

Le CHU de Nantes se situerait de 8 à 12 degrés au-dessus de la plage de confort généralement admise pour des patients souvent âgés, fragiles ou atteints de pathologies chroniques.

CHU : gabegie dans la fournaise

Une perspective qui inquiète autant les soignants que les représentants du personnel.

L’affaire est d’autant plus cocasse que ce nouvel hôpital est présenté depuis quinze ans comme le symbole de la médecine du futur. Son coût est tout simplement prohibitif. Estimé à 350 millions d’euros en 2009, puis à 600 millions en 2012, la facture a finalement franchi la barre de 1,25 milliard d’euros, sans compter les surcoûts liés à l’inflation et aux retards de chantier. Ce nouveau cas d’envolée budgétaire rejoint les exemples recensés dans Le Livre noir de l’Argent public.

Un dérapage budgétaire sur lequel Contribuables associés attirait l’attention dès 2019 suite à l’alerte lancée par une association locale (GAELA).

Depuis, cette alerte a été officiellement confirmée par un rapport de la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire de 2023. La CRC dénonçait une forte dérive des coûts, des risques financiers et des incertitudes sur le calendrier du projet.

(Voir notre article : CHU de Nantes : un logo à 185 000 euros malgré 8 millions de déficit).

La raison de cette implosion budgétaire tient notamment au choix du site. Le futur établissement est construit sur l’île de Nantes, en bord de Loire, dans une zone présentant des contraintes géotechniques majeures.

Depuis des années, les opposants au projet dénoncent un choix d’implantation coûteux sur un terrain situé sous un couloir aérien et nécessitant de telles contraintes techniques.

Pour stabiliser l’ensemble les constructeurs ont dû enfoncer plus de 3 000 pieux de béton jusqu’à 20 ou 30 mètres de profondeur. Une véritable forêt souterraine destinée à soutenir treize bâtiments hospitaliers sur plus de 230 000 mètres carrés.

D’après les projections de Météo-France, les étés nantais devraient se réchauffer de l’ordre de +2,3 °C en moyenne en Loire-Atlantique à l’horizon 2050, tandis que les journées dépassant 35°C deviendront plus fréquentes.

Cette perspective rend difficilement compréhensible l’absence de climatisation dans les chambres d’un hôpital fournaise dans lequel les malades rissoleront bientôt dans un environnement tropicalisé.

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Pour tout savoir sur les gaspillages réalisés avec VOTRE argent

Lisez le Livre noir de l’Argent public.

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