Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Financement de la Sécurité sociale : la mission qui prépare un tour de vis fiscal

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À 9 mois de la présidentielle, l’Élysée lance une réflexion sur le financement de la protection sociale. Une mission qui pourrait surtout préparer les Français à de nouveaux prélèvements.

Les rapports sur la protection sociale ressemblent aux recettes de cuisine : les ingrédients changent, mais en définitive, c’est toujours le contribuable qui passe à la casserole.

Alors que le quinquennat touche à sa fin, Emmanuel Macron demande à une mission de proposer des scénarios pour assurer la « soutenabilité » du modèle social français.

Officiellement, il s’agit d’« éclairer le débat public ». Le calendrier, lui, ne manque pas d’interroger. Les conclusions sont attendues à la fin de 2026, juste avant l’ouverture de la campagne présidentielle.

Une manière de placer la question du financement de la Sécurité sociale au cœur des débats, de pousser d’autres sujets (pouvoir d’achat, sécurité, coût de l’immigration…) hors de l’Agora tout en laissant au futur exécutif le soin de transformer ces recommandations en décisions politiques.

La lettre de mission évoque le vieillissement de la population, la dépendance, la monoparentalité, l’intelligence artificielle ou encore la transition numérique. Elle insiste sur le poids des cotisations pesant sur le travail et sur la nécessité de trouver un modèle durable.

Financement de la protection sociale : où sont les économies ?

Un mot est absent des éléments de cadrage : économies budgétaires.

L’accent est mis sur la recherche de nouveaux équilibres, plus que sur la réduction du périmètre de la dépense sociale.

Le contexte budgétaire plaide pourtant pour la sobriété : la Commission des comptes de la Sécurité sociale table désormais sur un déficit de 23,4 milliards d’euros en 2026, contre 19,4 milliards prévus au vote du budget, et la Cour des comptes jugeait dès novembre 2025 la trajectoire 2026–2028 « non soutenable ».

Financement de la protection sociale : le choix révélateur des quatre experts

Le choix des quatre personnalités désignées pour conduire ce travail est révélateur.

Deux économistes, Hippolyte d’Albis et Alexandra Roulet, accompagnés de Pierre Ricordeau, inspecteur général des affaires sociales, et de Marianne Kermoal-Berthomé, directrice des politiques sociales de la Caisse des Dépôts. Tous sont des spécialistes reconnus de la protection sociale ou des finances publiques.

Rien ne permet de leur attribuer un engagement partisan.

En revanche, ils sont tous issus de grandes institutions administratives ou académiques travaillant depuis des années sur l’adaptation du modèle social, plutôt que sur la diminution de la prodigalité étatique.

Lorsque l’État évoque une « refonte du financement », il s’agit généralement de déplacer ou d’élargir les prélèvements. Hausse de CSG, nouvelles contributions, transfert de cotisations vers l’impôt ou élargissement des assiettes fiscales figurent parmi les pistes régulièrement évoquées dans le débat public, même si aucune n’est retenue à ce stade.

Derrière une mission présentée comme technique se dessine peut-être déjà l’une des principales batailles fiscales de la présidentielle de 2027.

 » Protection sociale : la grande Omerta  » 

C’est dans cet objectif de contribuer au débat public que Contribuables Associés a mis en lumière les dessous du financement de la protection sociale dans le documentaire « Protection sociale : la grande Omerta ».

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