1 500 structures – agences, opérateurs, organismes consultatifs – se partagent aujourd’hui la mise en œuvre de politiques publiques représentant près de 80 milliards d’euros.
Les agences de l’État dans le viseur du Sénat
Proche du constat dressé par Contribuables Associés, les sénateurs soulignent que cet « archipel » administratif s’est constitué sans stratégie d’ensemble. Concrètement, cette entropie se traduit par des missions redondantes, des circuits de décision complexes et, surtout, une dilution de la responsabilité publique.
Pour les sénateurs LR, l’enjeu n’est pas tant de réduire l’action de l’État que de la rendre plus lisible et plus efficace.
Dans la continuité des travaux de la commission d’enquête sur les agences de l’Etat lancée le 6 février 2025 et qui a rendu public son rapport le 3 juillet de la même année, les sénateurs LR cherchent à relancer le débat sur le sujet en déposant une proposition de loi.
Pour cela, le président du groupe LR au Sénat, Mathieu Darnaud et la sénatrice du Loiret, Pauline Martin, également vice-présidente de la commission d’enquête, ont déposé le 27 avril 2026 un texte proposant plusieurs réformes.
Première priorité : faire du préfet l’interlocuteur unique au niveau local. Les recommandations visent à recentraliser les décisions d’aides et de financements au sein des préfectures, afin de simplifier les démarches des collectivités et des entreprises. Dans ce schéma, les agences seraient reléguées à un rôle d’exécution ou intégrées directement aux services de l’État.
Autre levier, la rationalisation des financements. Les sénateurs proposent de supprimer certaines structures intermédiaires, comme le Secrétariat général pour l’investissement, et de faire transiter les crédits par les circuits budgétaires classiques. Objectif : gagner en transparence et éviter la dispersion des moyens.
Agences : le Sénat propose des suppressions
Plusieurs suppressions sont envisagées, à commencer par celle de l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU), dont les missions seraient transférées aux préfectures à l’issue des programmes en cours.
Pour mémoire, l’ANRU, gère le nouveau programme national de renouvellement urbain qui engage 12 milliards d’euros, dont un 1,2 milliard fourni directement par l’État.
Les agences régionales de santé (ARS) pourraient également disparaître, leurs compétences étant reprises par les services déconcentrés. Cette proposition rejoint celle de Contribuables Associés qui dénonce fréquemment le coût des ARS, la sur-administration hospitalière qu’elles provoquent tout en rappelant leur manque d’efficacité en période de crise, par exemple lors du Covid.
Les sénateurs LR proposent aussi de fusionner ou réinternaliser certaines structures : rapprochement des réseaux de formation professionnelle, transfert d’activités à la Caisse des dépôts, ou encore intégration d’opérateurs au sein des ministères.
Ils préconisent également un moratoire sur la création de nouvelles agences.
Les économies attendues restent mesurées – entre 500 et 750 millions d’euros selon les estimations de la commission d’enquête – mais l’objectif affiché est ailleurs. Il s’agit d’abord de restaurer une chaîne de décision claire, capable de répondre plus rapidement aux besoins du terrain.
Reste à savoir si cette volonté de simplification pourra s’imposer dans le débat parlementaire. Car derrière la rationalisation administrative, c’est la capacité de l’État à se réformer lui-même sans renoncer à ses missions qui pose problème.
Découvrez notre note sur les agences de l’État !
Pour la télécharger gratuitement cliquer ici

Une réponse
les L.R., G. Larcher en tête, soi-même à la tête du Sénat »fabrique de la loi », ont été jusqu’à présent des boulimiques de lois, de règlements divers et variés. Aux affaires ils ont fait gonfler la technostructure, comme les autres.
La politique, c’est l’art de dire une chose et son contraire, à coup de »en même temps », »à la fois »… pour contenter tout le monde. Et ainsi pour finir les choses peuvent perdurer. Il faut que tout change pour que rien ne change dit B. Lancaster dans le film »le Guépard ».
Petite expérience vécue : chez moi le nouveau P.L.U. instaure des zones humides du fait par application du Code de l’Environnement… Bon, mettons… sur la base d’études et de sondages de sol chapeautées et sous la responsabilité de tout un tas de services ou agences publiques (CEREMA, Police de l’eau, Agence de bassin, OFB, PETR local, MNHN, DRAE, Natura 2000, etc, + les hydrogéologues privés qui y trempent si je puis dire et font le boulot de petites mains). Une quinzaine de structures impliquées globalement.
Résultat : des zones humides décrétées sur la base de sondages pédologiques fictifs, introuvables, que personne ne peut produire. Tout le monde dégage en touche quand le citoyen de base que je suis demande légitiment des comptes sur le sérieux du travail produit.
Bravo les agences publiques. Agences publiques partout. Responsables publics nul part.
Il y a du ménage à faire.
Mais qui va s’en charger ?