L’État cherche des économies partout. Il pourrait commencer par regarder ses écrans.
Microsoft : le prix des licences pour le contribuable
Dans un rapport du 22 octobre¹, la Cour des comptes révèle que les outils bureautiques et collaboratifs des ministères ont coûté environ 100 millions d’euros en 2025, 50 % de plus qu’en 2021.
Sur 860 000 postes informatiques, 61 millions d’euros ont été consacrés aux licences, dont près de 80% à Microsoft.
Depuis 2021, l’usage de Microsoft 365 est en principe interdit pour des raisons de souveraineté numérique.
Plusieurs administrations bénéficient pourtant de dérogations et la majorité des ministères envisagent de rester fidèles au géant américain, via Bleu, le cloud de Capgemini et Orange bâti sur les outils de Microsoft.
Entre les ministères qui ont décidé de s’affranchir de l’entreprise américaine et les autres, les dépenses font le grand écart : par exemple 20 euros par poste et par an à l’Intérieur, où l’on utilise des logiciels libres, contre 378 euros à la Culture, adepte de Microsoft 365, pour une moyenne de 87 euros.
L’addition pourrait s’alourdir avec le passage au cloud.
Microsoft : les États-Unis s’installent dans nos ministères
Selon les estimations des magistrats financiers, une suite libre hébergée dans un cloud souverain coûterait environ 100 euros par poste et par an, contre 250 euros pour Microsoft 365 ou Bleu.
Généraliser l’utilisation de logiciels libres dégagerait 30 à 65 millions d’euros d’économies annuelles. Et dans l’hypothèse d’une migration vers le cloud, jusqu’à 130 millions d’économies par an par rapport à une « solution propriétaire ».
Toutefois, ces économies ne s’additionnent pas. Elles correspondent à deux scénarios alternatifs : l’installation de logiciels libres sur les postes de travail ou leur utilisation à distance dans le cloud.
Quel que soit l’option retenue, La Cour préconise une migration vers le libre dès 2027, lissée sur trois à quatre ans.
En attendant, l’État continue de payer sa dépendance numérique à l’entreprise de Redmond et le contribuable à enrichir ses principaux actionnaires, dont les fonds d’investissement Vanguard et BlackRock.
Or, le recours de l’État à un cloud et à des outils américains pose un réel problème en matière de souveraineté industrielle, économique et politique.
Les piratages successifs de données publiques ayant de quoi inquiéter le contribuable, il serait temps de s’interroger sur une politique d’investissement souveraine en matière informatique.
¹Cour des Comptes, Les outils bureautiques et collaboratifs au sein de l’Etat, 22.10.2026
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