Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Affaire Teddy Riner/Levallois-Perret : un nouveau scandale de la gestion Balkany

Début octobre 2015, le champion olympique et octuple champion du monde de judo a été auditionné pour détournement de fonds publics en raison du niveau de ses rémunérations dans la ville des Hauts-de-Seine.

Teddy Riner a, en octobre 2015, été entendu par les policiers dans le cadre d’une enquête sur la gestion de son club de Levallois et sur son salaire controversé. Il a été entendu dans les locaux de la brigade de la répression de la délinquance économique en tant que «suspect libre», étant soupçonné de «détournement de fonds publics».

Tout est parti d’un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Ile-de-France qui avait pointé «la situation financière» du Levallois Sporting Club (LSC) qui s’était «sensiblement détériorée», et avait relevé «la forte progression des charges de personnel, avec notamment le recrutement d’un judoka professionnel de tout premier plan mondial», au salaire mensuel net de 24000 euros accompagnés d’avantages en nature (primes liées aux résultats et voiture).

En 2010, Teddy Riner a touché 192.682 euros, une rémunération brute qui a «progressé sensiblement les années suivantes» pour atteindre 429.293 euros en 2013, grâce à «des clauses contractuelles favorables», comme «une part variable de sa rémunération en fonction de ses performances sportives», selon la CRC. «Censée accroître le rayonnement national et international du club et de la ville» des Hauts-de-Seine, la venue en septembre 2009 de Teddy Riner, «n’a pas entraîné de hausse importante des recettes issues des sponsors privés, mais il a lourdement pesé sur la masse salariale du club», avait relevé la CRC.

(Source)

Ce que le rapport de la CRC d’Île-de-France et les médias qui en rendent compte ne rappellent pas, c’est que Levallois-Perret est également la ville la plus endettée de France par habitant, avec plus de 9000 euros pour le seul échelon communal (source Le Figaro/Journal du Net) :

S’il y a une discipline dans laquelle Levallois ne risque pas de perdre sa médaille d’or, c’est bien l’endettement public.

Comme on le voit dans ce graphique tiré de notre Observatoire des Gaspillages, cet endettement est directement imputable à la gestion de Patrick Balkany, maire de 1983 à 1995 et à nouveau depuis 2001 :

Plus généralement, le coût de la politique sportive de l’État et des collectivités territoriales est un tabou en France, selon le vieux principe du « quand on aime, on ne compte pas ». Un tabou que nous nous sommes permis d’enfreindre dans notre numéro 12 des Enquêtes du contribuable, « Sport et argent public : la France qui perd ».

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