En France, la transition écologique a trouvé ses objectifs, ses règlements et ses subventions. Il ne lui manque plus qu’un détail : un pilote.
Dans un rapport publié le 7 octobre, la Cour des comptes délivre un diagnostic sans appel : après dix ans de politiques environnementales, les dépenses s’accumulent… mais l’État reste incapable de préciser combien coûtera la transition écologique, comment seront financés les investissements à venir et si les moyens engagés permettront réellement d’atteindre les objectifs fixés.
Transition énergétique : le tombeau des Danaïdes
Un puits sans fond : selon la direction du Budget, les dépenses de l’État dédiées à l’environnement ont atteint 40,5 milliards d’euros en 2025, contre 38,2 milliards en 2024 et 33,9 milliards en 2023.

Soit plus de 100 milliards d’euros engloutis en trois ans alors que les caisses du pays sont vides.
À cette dépense publique s’ajoutent les investissements des collectivités, des entreprises et des ménages.
Selon l’institut I4CE, les investissements climatiques, publics et privés confondus, auraient atteint 103 milliards d’euros en 2025, après 102 milliards en 2024. ¹
Beaucoup d’argent brûlé et pour quels résultats ?
Les émissions de gaz à effet de serre, estime la Cour, reculent trop lentement pour respecter les engagements de 2030.
La qualité écologique des cours d’eau ne s’améliore qu’à la marge et l’artificialisation des sols (transformation de terrains naturels, agricoles ou forestiers par l’urbanisation) se poursuit à raison de 15 119 hectares consommés/an (2024) contre un objectif affiché de 12 300 hectares/an.
Sur les 54 objectifs de développement durable suivis par l’État, seuls 11 étaient atteints en 2024.
L’administration ne montre pas l’exemple, notent les magistrats financiers.
Entre 2021 et 2024, le parc de véhicules particuliers de l’État s’est accru de 7,2 % au lieu de diminuer. La consommation de carburant associée a bondi de 20 %, alors qu’une réduction de 5 % était programmée.
L’écologie s’arrête aux portes des ministères. Et le plus inquiétant reste à venir.
Transition énergétique : nous sommes loin d’être sorti de l’auberge
Le gouvernement chiffre à 161,4 milliards d’euros par an les investissements nécessaires en 2030 pour atténuer le réchauffement en cours, dont 21,4 milliards pour les administrations publiques, relève la Cour, sans que l’État sache comment financer ces besoins supplémentaires.
Une course à l’échalote : Contribuables Associés dénonce depuis longtemps cette fuite en avant financière.
Dans notre dossier de juin 2026 sur les énergies renouvelables (Tous contribuables 39), nous chiffrons à 26,3 milliards d’euros les soutiens publics accordés au secteur entre 2016 et 2024, auxquels s’ajoutent 87 milliards d’engagements futurs, non encore décaissés.
Contribuables Associés réclame notamment la fin des subventions à l’éolien pour réduire la facture incombant aux contribuables.
La Cour ne préconise pas d’abandonner la transition, mais de mieux la financer, la coordonner et d’évaluer les résultats obtenus.
Question légitime : comment demander davantage d’efforts aux Français lorsque l’État peine déjà à mesurer l’efficacité de ceux qu’il leur impose ?
¹ Financer la transition climatique dans la responsabilité budgétaire, I4CE, 8 octobre 2026
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