Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Jean Yves Naudet « On ne court pas dans une compétition avec des boulets aux pieds »

Jean-Yves Naudet est professeur émérite à l'Université Aix-Marseille, fondateur du centre d'éthique économique, président de l'association des économistes catholiques. Il réagit à l'annonce du Jour de libération des contribuables qui tombe cette année le mardi 26 juillet.

1) En moyenne, les Français ont travaillé 207 jours pour l’État en 2016. Que vous inspire ce chiffre ?

Giscard d’Estaing avait dit que le socialisme commençait à 40%, ce qui fait moins de 5 mois; ce chiffre a d’ailleurs été franchi sous son septennat !

Nous sommes dans une économie largement étatisée

Nous voici à près de 7 mois ; nous sommes donc dans une économie largement étatisée et nous ne sommes donc plus dans une véritable économie de marché, caractérisée par le libre choix de l’utilisation de ses revenus; c’est l’État et les organismes publics qui décident de l’essentiel des dépenses. La part « libre  » est minoritaire, ce qui est la caractéristique des économies socialistes.

2) Les dépenses publiques engloutissent 56,6% de notre PIB. Pourquoi la France dépense-t-elle autant pour sa sphère publique en comparaison de ses voisins ?

Une tradition colbertiste forte, une méfiance de la quasi-totalité de la sphère politique vis à vis du libre marché, une administration lourde et peu efficace en raisons de l’absence de concurrence, une centralisation excessive et un refus de la subsidiarité.

Nous sommes le pays où l’influence des thèses marxistes a été et est encore la plus forte.

Et d’abord, un enseignement de l’économie largement keynésien, voire marxiste, qui empêche les futurs citoyens de croire en la liberté et les pousse à faire appel à l’État, en les formatant dès le plus jeune âge.

La réponse n’est donc pas seulement technique, mais d’abord idéologique. Nous sommes le pays où l’influence des thèses marxistes a été et est encore la plus forte.

3) L’excès de dépenses publiques est-il une des explications du manque de compétitivité de la France ?

L’excès de dépenses publiques a un double effet sur la compétitivité. D’abord il entraine un excès de prélèvements obligatoires, qui plombe nos entreprises, accroit le coût du travail et décourage ceux qui entreprennent, créent, innovent.

Une administration trop lourde qui se traduit par des services publics peu efficaces

Ensuite une administration trop lourde qui se traduit par des services publics peu efficaces ; le refus de la concurrence dans la protection sociale entraine des surcoûts et se traduit par des prestations plus médiocres. Tout le monde est perdant et tout cela plombe notre compétitivité. On ne court pas dans une compétition avec des boulets aux pieds.

4) Quelles solutions préconiseriez-vous pour réduire le poids gigantesque des dépenses publiques ?

Privatiser et ouvrir à la concurrence, dans l’éducation, la santé, l’assurance-maladie, les retraites, les « services publics » en général; et réformer le statut de la fonction publique.

En finir avec l’exception française

Appliquer enfin le principe de subsidiarité. Bref, en finir avec l’exception française, pour que la France devienne une véritable économie de libre marché.

Propos recueillis par Benjamin Izarn

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