Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Éric Coquerel : qui est le nouveau président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale ?

© Drutchy2017 - Wikimedia Commons - CC BY-SA 4.0
Eric Coquerel finances publiques
Le 30 juin 2022, le député Insoumis Éric Coquerel a été élu à la présidence de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Éric Coquerel a 63 ans et une longue carrière de protestataire public derrière lui, de quoi voir

Éric Coquerel est un homme de convictions. Ce sont d’ailleurs elles qui l’ont poussé dans la vie : après avoir passé son bac en candidat libre à 25 ans et sans aucun diplôme ensuite, ce sont ses convictions politiques qui lui ont fourni des postes dans les différents partis de gauche au sein desquels il a fait carrière.

Fort de son expérience à la Ligue communiste révolutionnaire puis au Mouvement républicain et citoyen, il fonde le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale avant de rejoindre le Parti de gauche.

Militant, Secrétaire général, coordinateur politique, président, fondateur, conseiller régional, conseiller spécial, député, Éric Coquerel est un véritable touche-à-tout.

Et puis il y a le moment où les convictions sont bousculées, balayées, celui où tout est remis en question, le moment de la croisée des chemins. Choisir c’est renoncer, mais Éric Coquerel n’est pas un homme qui renonce, c’est un homme qui prend tout, qui accepte tout, qui embrasse toutes les causes les bras grands ouverts avec la générosité d’un vrai cœur de gauche.

Ce moment, c’est celui où la gauche républicaine et laïcarde s’est acoquinée avec le wokisme et l’islamisme.

Un tournant majeur en effet, celui où un homme qui a déclaré jadis : « la laïcité c’est le fait que l’état ne reconnaisse aucune religion, ne s’en mêle pas », manifeste en tant que député avec des islamistes. Celui où un homme qui militait pour l’émancipation des femmes fraye aujourd’hui avec ceux qui légitiment le viol des femmes non-voilées. Celui où un homme qui plaçait la République si haut, plus haut même que la France, rejoint les rangs des militants communautaristes et séparatistes, renonçant ainsi à « faire nation sur les principes républicains ».

Et là, inévitablement, l’esprit se perd. Des réflexions étranges sont soulevées : le mouvement des Frères musulmans ne serait pas présent en France, les fichés S ne devraient pas être expulsés car il ne faudrait pas remettre en question le droit d’asile, ou même carrément : « Il n’y a pas de problème d’immigration en France ».

Toutefois, on aurait tort d’y voir un banal déni du réel, la pensée d’Éric Coquerel reste éminemment subtile. Ainsi en est-il lorsqu’il déclare : « ça n’est pas la même chose si quelqu’un agit sur ordre d’une organisation terroriste ou si cette personne agit en utilisant la rhétorique terroriste pour justifier d’actes de folie ». Ne soyez pas hâtifs.

De même, on peut tout-à-fait défendre les pompiers et se faire élire à 71,96% des voix dans un département comme la Seine-Saint-Denis où ils sont contraints de travailler en gilets pare-balles…

Subtil dans son appréhension des choses, Éric Coquerel n’en garde pas moins une vision globale des différents acteurs politiques en action. Par exemple, une référence à l’islamisme ou à Daesh sera inévitablement accompagnée d’une référence à l’extrême droite ou aux identitaires. La boucle est bouclée.

Pédagogue, il n’hésite pas à prendre le contre-pied d’islamologues réputés tels qu’Alexandre del Valle et à redéfinir l’islamisme : celui-ci aurait surtout pour but d’entrainer les Français les uns contre les autres. Point. Et si quiconque place dans la même phrase « islamisme » et « volonté de conquête », il est raciste. Pour naviguer entre les eaux tumultueuses de la pensée politique, un mantra : « Pas d’amalgames ».

Pas d’amalgames, mais avec philosophie ; c’est-à-dire que si on l’interroge sur la signification du voile et la crainte d’une soumission de la femme, Éric Coquerel répondra doctement que « dans toutes les religions monothéistes, il y a beaucoup de symboles de soumission des femmes ». Par exemple, le voile de mariée dans la religion chrétienne.

Toute la puissance intellectuelle d’Éric Coquerel est désormais au service des finances de la France. Les gestionnaires « bons pères de famille » apprécieront son désir de revenir sur la manière dont est appliqué l’article 40 de la Constitution qui dispose que : « Les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge publique ». En un mot, sa « vision plus généreuse des amendements » aura pour conséquence de vider les caissses de l’Etat et d’alourdir la chappe fiscale des Français.

Avec la même clairvoyance, il soutient également une revalorisation du SMIC et la retraite à 60 ans.

Comme il le dit lui-même, « je suis un député Insoumis, et ça va se voir ».

Aliénor Barrière

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