La réforme de 2018 engagée à la demande de Emmanuel Macron « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a libéralisé le cadre de la formation professionnelle et de l’alternance en provoquant une dérive des coûts dénoncée par la Cour des comptes en 2022, puis en 2023.
Entre 2017 et 2022, le nombre de nouveaux contrats d’apprentissage signés est passé de 320 000 à 837 000 en occasionnant un coût de 16,8 milliards (2022) d’après les magistrats financiers.
Pour Bruno Coquet, spécialiste du marché du travail, cette charge a été multipliée par 3,5, entre 2018 et 2024. Notamment du fait de coûts pédagogiques.
Ils sont passés de 1,4 à près de 10 milliards d’euros en 6 ans. Cette facture étant alourdie par les différentes exonérations fiscales et sociales accordées aux chefs d’entreprise.
Apprentissage : un coût très élevé
Tous comptes faits, le coût unitaire d’un apprenti est de 26 000 euros par an, en excluant les droits sociaux (retraites), a calculé Bruno Coquet.
Soit deux fois plus que celui d’un étudiant moyen dans l’enseignement supérieur !
Le coût des aides à l’apprentissage est évalué entre 22 et 25 milliards d’euros annuels, détaille-t-il dans les colonnes de La Tribune.
D’après cet économiste, chercheur associé à l’OFCE, la France peut économiser « environ 10 milliards d’euros » sur ces 25 milliards.
Il vise notamment l’aide exceptionnelle mise en œuvre à partir de 2020 dans le cadre du plan de relance afin de couvrir 100% du coût du travail pour la plupart des apprentis, un dispositif qui a suscité un gigantesque effet d’aubaine.
Cette aide de l’État va de pair avec des exonérations de cotisations sociales salariales sur la CSG et la CRDS pour les apprentis. Ce qui est unique dans le monde du travail.
Cerise sur le gâteau, « depuis 2018, les contrats en apprentissage sont éligibles aux allègements généraux de cotisations sociales employeur », précise-t-il
Enfin, les coûts pédagogiques s’élèvent à 9,5 milliards d’euros chaque année, dont la moitié à la charge de la collectivité.
En partie destinée à faire baisser la courbe du chômage, la réforme de 2018 a un effet trompeur. En effet, beaucoup des emplois ouverts aux apprentis sont artificiels. « La Dares et l’OFCE avaient estimé leur nombre entre 200 000 et 250 000, il y a deux ans » rappelle l’économiste.
Une réponse
On pourrait évoquer aussi le coût de la formation professionnelle, une trentaine de milliards €. annuels au global dont pas mal en argent public, et pour la plupart du temps des modules proposés en présentiel alors que les tutoriels sur internet, généralement gratuits font le même effet.