Au rapport ! Quel bilan tirer du SNU (Service national universel) lancé en 2019, l’une des coqueluches d’Emmanuel Macron ?
Basé sur le volontariat, le SNU s’adresse à tous les garçons et filles entre 15 et 17 ans. Ce « temps de service à la Nation » propose des formations de base axées sur le développement durable, le sport et l’apprentissage de l’autonomie.
Selon la Cour des comptes ce dispositif n’est pas l’objet d’un pilotage interministériel harmonisé. Il a loupé sa cible et ne fait pas florès auprès des jeunes.
En 2023, 40 000 d’entre eux ont participé au SNU, alors que l’objectif était de 64 000. Depuis mars 2024, les élèves de seconde volontaires effectuent un stage de 12 jours dans le cadre du SNU, désormais intégré au temps scolaire.
Le taux de désistement est très élevé : 28 % en 2023, un record.
Envisagée par le gouvernement Attal à horizon 2026/2027, la généralisation du dispositif à la totalité d’une classe d’âge aurait un fort impact financier, souligne la Cour.
Les magistrats estiment qu’elle porterait le coût du SNU à 5 milliards d’euros par an en pleine période de restriction budgétaire.
En 2023, un rapport sénatorial estimait que le coût du SNU pourrait s’élever « entre 2,4 et 3,1 milliards d’euros par an ». Il recommandait de « surseoir » à un enrôlement général.
SNU : Une sociologie homogène
Pour la Cour des comptes, le SNU ne remplit pas ses missions initiales. Par exemple en matière de cohésion nationale et de « mixité sociale ».
Seuls 5 % des participants sont issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville, alors que les enfants de cadres ou de parents ayant porté l’uniforme sont surreprésentés.
Le dispositif a exclu 33 volontaires en 2023 pour agression. 17 « situations d’agression, de harcèlement ou de propos délictueux de la part d’encadrants » étant recensées par ailleurs.
Avec la généralisation du SNU, les jeunes réticents à participer au dispositif, deviendraient « susceptibles de fragiliser la cohésion de groupe et de soulever des difficultés d’ordre disciplinaire», alerte aussi la Cour des comptes.
Mal pensée, mal organisée, la généralisation du SNU poserait également des problèmes d’intendance. Par exemple en matière d’hébergement ou de recrutement d’encadrants formés à la va-vite, prévient la Cour des comptes.
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