Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Arrêts maladie : la Sécu serre la vis face à l’explosion des coûts

© Pixavril / Shutterstock.com
La Sécu veut réduire la durée d’arrêts maladie qui ouvrent la voie à de nombreux abus tout en coûtant de plus en plus cher aux contribuables.

Au boulot ! Limiter la durée des arrêts de travail pour freiner la dérive des dépenses : c’est la nouvelle proposition de l’Assurance Maladie (CNAM).

Face à une facture qui ne cesse de grimper, la parade consiste à encadrer plus strictement les prescriptions. Désormais, en ville, un arrêt ne pourrait excéder 15 jours, renouvelable dans la limite de 2 mois. À la sortie d’une hospitalisation, cette durée serait plafonnée à un mois afin d’encourager un meilleur suivi médical et afin d’éviter les arrêts de « confort », parfois renouvelés sans contrôle réel.

Car ce sont bien les finances publiques qui trinquent. Chaque arrêt de travail est financé, in fine, par les cotisations sociales – donc par l’ensemble des contribuables.

En 2023, plus de 10 milliards d’euros ont été consacrés à indemniser les salariés en arrêt maladie. Une somme colossale, en hausse continue : +28,9 % entre 2010 et 2019, +27,9 % entre 2019 et 2023. Et cette dynamique ne faiblit pas. Entre janvier et avril 2025, les indemnités journalières ont déjà progressé de 6,7 %, soit bien plus que prévu.

Assurance Maladie : des modifications dans le budget 2025

Le budget de la Sécurité sociale 2025 prévoit un autre changement de taille : le plafond de remboursement des arrêts maladie sera abaissé de 1,8 à 1,4 fois le SMIC.

Concrètement, cela signifie que les indemnités journalières ne dépasseront plus 41 euros, contre un peu plus de 53 euros actuellement.

Pour les salariés les mieux rémunérés, cela se traduira par une baisse de revenu pendant l’arrêt, sauf si leur employeur ou leur mutuelle prend le relais. L’État espère ainsi économiser entre 400 et 600 millions d’euros par an.

Mais la facture ne vient pas uniquement des arrêts légitimes. En parallèle, les fraudes se multiplient. En 2024, la Sécu a identifié plus de 30 millions d’euros d’arrêts maladie frauduleux, un chiffre multiplié par quatre par rapport à 2023.

L’affaire du site « Stop Travail », qui vendait de faux arrêts médicaux pour 9 euros pièce, en est une illustration frappante. Derrière cette arnaque : un jeune homme de 22 ans, qui a détourné à lui seul près de 280 000 euros d’argent public.

La CNAM s’inquiète aussi d’une banalisation des arrêts de travail, parfois peu suivis médicalement. Les pathologies les plus fréquentes (lombalgies, dépressions, sciatiques) sont souvent à l’origine d’arrêts longs.

Plus de la moitié de ces arrêts sont infondés. Certains sont même utilisés comme arme dans les conflits entre salariés et employeurs, précise l’Assurance Maladie.

 

Visualisez notre documentaire sur la fraude sociale :

2 réponses

  1. 2 solutions possibles : revoir tout le système, ou pratiquer le coup de rabot et la lutte contre les abus et les fraudes.
    La première solution, c’est l’assurance d’un débat qui va tourner en rond et duquel rien ne sortira. On aura comme d’hab. les tenants du système libéral à la carte d’un coté contre les tenants du faire payer les riches d’un autre, et ça tournera en rond. On connaît trop ça. On se fait plaisir à gloser et en fait on repousse les échéances et on s’enfonce encore plus au final.
    La seconde solution est plus efficace à mon sens, des coups de rabots qui ne sont pas honteux contrairement à ce que l’on dit vu l’état catastrophique de nos finances, et de la lutte opiniâtre et pas médiatique contre des abus et les fraudes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *