Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Les routes d’Ile-de-France mettent 4 millions d’usagers en danger

A quoi bon payer des impôts ? Avec un budget d’entretien bloqué depuis 10 ans, le réseau routier de la région parisienne est le plus dégradé du pays, dénonce la Cour des comptes.

Selon un rapport de la Cour des comptes publié le 24 juin, les routes nationales d’Île-de-France sont les plus dégradées du réseau français.

Un constat d’autant plus alarmant que ces axes sont empruntés quotidiennement par 4 millions d’usagers.

Alors qu’elles ne représentent que 621 km, soit 2,5 % du réseau régional, ces voies de circulation drainent 27 % des déplacements routiers franciliens.

Par exemple, sur le tronc commun de l’A4 à l’A86, entre Nogent-sur-Marne et Maisons-Alfort, 250 000 véhicules circulent chaque jour.

Cette dégradation est le résultat d’années de négligence. La Cour épingle la Direction des routes d’Île-de-France (DIRIF), chargée de gérer ces entrelacs routiers qui comprend aussi plus de 300 échangeurs, 1 100 ponts et 100 tunnels.

Cette direction est financée principalement par l’État, via le budget du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires dont elle dépend.

Malgré un trafic d’une densité exceptionnelle, les routes franciliennes ne bénéficient pas d’un effort particulier de remise à niveau. Pire, les dépenses d’urgence l’emportent sur l’entretien préventif pourtant indispensable.

Routes dangereuses : des investissements non réalisés

Le budget consacré à l’entretien et à l’exploitation est resté bloqué à 170 millions d’euros depuis 10 ans, alors que celui de l’ensemble du réseau national a augmenté de 40 % sur la même période.

L’affaissement de l’A13 au printemps 2024, suite à la découverte d’une fissure à l’entrée du tunnel de Saint-Cloud, témoigne de cette situation et les problèmes ne se limitent pas aux chaussées cabossées.

La Cour pointe un problème « lancinant » de propreté : 20 000 tonnes de déchets sont évacuées chaque année par la DIRIF, soit 14 fois plus par kilomètre que sur les autoroutes à péage !

Un fardeau qui contribue à l’usure prématurée des routes et pèse sur le moral des équipes, parfois décrites comme « impuissantes ».

La sécurité routière est l’autre grand angle mort. La DIRIF, expliquent les magistrats financiers, identifie bien les itinéraires les plus accidentogènes, mais ne met en œuvre aucun plan d’action concret pour y remédier.

La gestion même de la DIRIF est mise sur la sellette : pas de vision globale, absence d’audit (près de dix ans !), pénuries de compétences, climat social tendu, et un système de rémunération générant des inégalités entre agents à cause d’une proportion « anormalement forte » de primes sont notamment relevés par les magistrats financiers.

Cette crise francilienne n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans un contexte national où l’état du réseau routier suscite des inquiétudes croissantes.

Selon le dernier rapport de l’Observatoire national de la route (ONR), près de 19 % du réseau routier national non concédé (routes nationales et autoroutes gratuites) est en mauvais état.

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