Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Aéroport d’Andrézieux-Bouthéon (42) : un trou d’air à 30 millions d’euros pour les finances publiques

© InFocus.ee/Shutterstock
L’association Forez Agir attaque le Département de la Loire pour excès de pouvoir. En cause : les subventions versées à l’aéroport de Saint-Étienne-Loire (Andrézieux-Bouthéon), jugé trop coûteux.

Niché à Andrézieux-Bouthéon, à une quinzaine de kilomètres de Saint-Étienne, l’aéroport de Saint-Étienne-Loire a vu ses ailes se replier progressivement.

Dans les années 2010, en décollaient des vols low-cost soutenus par des aides publiques. Mais depuis la fin de ces subventions (2017) l’aérogare tourne au ralenti : plus de lignes régulières, un trafic famélique – 6 010 passagers en 2024 – et une facture salée pour les contribuables ligériens.

Selon l’association Forez Agir, 30 millions d’euros d’argent public ont été engloutis en quinze ans pour maintenir la plateforme en vie.

Le Département de la Loire, principal financeur via le syndicat mixte de l’aéroport (Smasel), prévoit encore une aide de 527 420 euros dans son budget 2025.

« Cet aéroport est un gouffre sans utilité économique », fustige Jérôme Peyer, président de l’association, cité par France 3. Il a déposé un recours devant le tribunal administratif de Lyon pour excès de pouvoir en référence à la loi NOTRe de 2015, qui a supprimé la clause générale de compétence pour les régions et les départements. Et restreint le financement d’activités économiques par les départements.

Les défenseurs du site assurent que la reprise est en marche : des vols vers Béjaïa (Algérie) ont trouvé leur public. D’autres liaisons seraient à l’étude.

Des aéroports sous-exploités

« Petit à petit, nous aurons moins besoin de subventions », promet François Driol, président du Smasel. Mais l’équation reste fragile : des centaines de milliers d’euros dépensés pour quelques milliers de voyageurs, le ratio fait tousser les contribuables locaux.

Et le cas ligérien n’est pas isolé. La Cour des comptes dénombre 73 aéroports régionaux en France, dont une quarantaine de taille moyenne.

Ces plateformes, souvent sous-exploitées, ont coûté en moyenne 66 millions d’euros par an aux finances publiques entre 2019 et 2021. Un maillage « excessif et coûteux » que les magistrats financiers appellent à rationaliser.

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