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400 000 euros contre 257,4 millions : quand la Douane ridiculise le logiciel de la Police

© Obatala-photography / Shutterstock
Comme le relate Le Canard enchaîné, un logiciel maison à 400 000 euros, né dans un bureau discret de la douane judiciaire, fait aujourd’hui pâlir d’envie les policiers et les services de renseignement.

Alors que l’État a englouti plus de 257,4 millions d’euros dans Scribe – rebaptisé XPN –, un logiciel jugé inutilisable par la Cour des comptes, trois informaticiens des douanes ont mis au point, pour une bouchée de pain, un logiciel judiciaire aujourd’hui utilisé bien au-delà de leur administration.

Au cœur de l’Office national anti-fraude, l’ONAF, créé en 2024 à partir du Service des enquêtes judiciaires des finances, environ 345 agents, majoritairement des douaniers, mènent des enquêtes sous l’autorité judiciaire. Leur travail repose sur des procédures lourdes, notamment les gardes à vue, qui exigent une rédaction précise et homogène.

Or, relate Le Canard (édition du 14/01/2026), aucun outil digne de ce nom n’existait au sein de la douane judiciaire en 2010.

Un haut fonctionnaire décide alors de confier son élaboration à trois informaticiens maison.

Pendant deux ans et demi, ces « nerds » développent le logiciel de rédaction des procédures de la douane judiciaire, le LRPDJ.

Coût total de la manœuvre : 400 000 euros.

Une paille quand on compare ce coût aux 257,4 millions d’euros engloutis dans Scribe/XPN, le logiciel conçu pour la police nationale et que la Cour des comptes a qualifié de « fiasco ».

Tandis que Scribe/XPN s’est révélé inutilisable, le LRPDJ fonctionne si bien qu’il permet de gérer plus de trente gardes à vue simultanément.

Preuve de son efficacité, le logiciel des douaniers a même été adopté par la DGSI en mars 2024 afin d’harmoniser la rédaction de ses procédures.

Une reconnaissance inattendue pour un outil né dans un bureau discret, loin des grands marchés publics et des groupes informatiques courtisant les ministères.

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22 réponses

  1. La différence entre les deux logiciels, un a été fait par des douaniers pour des douaniers, donc il n’y a pas d’interventions extérieures et ce sont des douaniers qui ont fait le boulot sur leur temps de boulot. pour le deuxième cela a été un appel d’offre, car nos fonctionnaires ce tas de fainiasses et d’incapables payés de grosses sommes, sont incapables de créer quoi que ce soit qui fonctionne.

    1. Pour info, les douaniers sont des FONCTIONAIRES ……. Ceux que vous estimez faignants et trop payés, incapables de surcroit…..
      Mais qu’attendez-vous donc pour faire partie de la Fonction Publique, ce paradis où les gens sont payés une fortune à ne rien faire de la journée ?????

      1. C’est le dilemme des 70-30, c’est douaniers appartiennent à la seconde tranche des fonction nerf, ceux qui assurent le fonctionnement du pays, mais malheureusement, il y a cette lamentable tranche des 70% qui ruinent le pays sans lui apporter un quelconque service et dont 60% attendent patiemment la paye en méditant sur le sens profond du mot travail dont parlent les autres et semble être une source d’énorme fatigue.

    2. A l’attention de Norre : je comprends votre colère qui vous empêche de réfléchir et vous conduit à des formules raccourcies à l’emporte pièces. Le vrai problème dans la police comme dans de très nombreuses administrations, ce sont les hauts fonctionnaires qui laissent des entreprises privées incompétentes de surcroît, se goinfrer grâce à un marché public. Si seulement nous en avions pour notre argent à ce prix là. Mais malheureusement non. Pourtant, parmi les milliers de « petits » fonctionnaires, nombreux sont ceux à avoir les compétences, la passion du métier et le sens du collectif pour réaliser des applications peu coûteuses et très performantes. L’université où je travaille dépense des fortunes dans des organismes privé de formation pour réaliser la formation interne de ses agents alors que nous disposons de toutes les compétences pour les assurer avec nos propres ressources humaines ! Résultat : un budget avec 43 millions de déficit. Incompétences matinée d’idéologie socialiste (taxer la réussite pour financer la médiocrité). C’est sidérant.

      1. Voici une fine remarque concernant le mauvais emploi de compétences trop peu valorisées dans l’administration française. Elle semble s’appuyer sur une constatation personnelle vécue dans la sphère universitaire. Bravo !

      2. Ce que vous écrivez me parait si juste ! Il y a des compétences non utilisées dans nos administrations et rejetées par le personnel de la direction ( qui sont si intelligents, et où rien ne peut se faire sans eux !). Sans doute n’y a-t-il pas assez de souplesse dans les fonctions publiques, les salaires, les primes, l’utilisation du temps de travail, l’informatique peu ou mal utilisée, les formations professionnelles mal ajustées, le manque de confiance en soi ( la peur d’évoluer !)de nombreux fonctionnaires, ou le dénigrement systématique dirigé vers les personnes ayant des idées afin de faire évoluer leurs fonctions et les gens qui travaillent autour! la liberté de travailler et de faire profiter l’administration des talents des gents employés.
        Un défaut important de l’administration: PUNIR LES CITOYENS !!!!! se placer au dessus et juger négativement, plutôt que de conseiller et d’orienter positivement dans la bonne direction ! Tous les français ne sont pas des truands !!!
        A méditer..

      3. Votre commentaire est parfaitement juste. La même débâcle pour le logiciel de paie des militaires il y a quelques années ! Beaucoup d’argent gaspillé alors qu’en interne il y a souvent des personnes compétentes !

    3. Bravo ! Il manque de personnels comme eux dans tous les ministères. Comme quoi, quelques personnes compétentes peuvent réaliser un travail remarquable et à moindre coût ( leurs salaires étants nettement inférieurs à nos hauts fonctionnaires, eux, incompétents !).

    4. Euh … je comprends que vous plaisantez, bien sûr,
      Vous soulignez le fait que ceux que l’on traîne habituellement dans la boue, que l’on traite de feignasses, sont en général des citoyens consciencieux attachés à bien faire leur travail de façon efficace. On est bien d’accord ?

  2. Certains responsables préfèrent utiliser des cabinets extérieurs plutôt que d’utiliser les compétences internes. La technocratie Française est en train de tuer nos institutions elle a gengrener les administrations. C’est surtout avec nos impôts, mais là par contre il n’y a pas de responsables….

  3. Tous coupables mais personne n’est responsable, l’administration française dans toute sa complexité et splendeur !

  4. Mais les administrations françaises ne reversent pas de pots de vin ! Les entreprises privées payées à prix d’or pour des services inutiles, reversent des pots de vin et on peut comprendre que les décideurs devant un tel choix, optent pour les seconds.

  5. C’est tout simplement la différence entre des développeurs qui sont issus du terrain avec une grande expérience et des développeurs parachutés de l’extérieur ne connaissant pas les problèmes et qui développent sans prendre en compte tous les paramètres souvent à cause d’une analyse succinte car ils n’avaient pas toutes les cartes en main.

  6. Tout ceci me rappelle une conversation que j’ai eu, au début des années 1980, avec un directeur d’une grande compagnie d’assurances, au sujet de l’informatisation de l’entreprise : une filiale avait évité de peu la faillite, suite à une informatisation ratée, menée par des informaticiens rapidement formés à l’assurance. Depuis cette aventure, le groupe n’embauchait plus d’informaticiens mais formait des assureurs à l’informatique. Les résultats étaient bien meilleurs car les logiciels étaient écrits par des personnes maitrisant parfaitement le métier qui devait les utiliser.

  7. Tant que les responsables -non coupables- seront inamovible (sauf à mutation à de plus haut poste !) et non sanctionnés sur leurs deniers, les problèmes perdureront.
    Les politiques élus ne peuvent malheureusement rien contre une administration inamovible et irresponsable, et surtout de ses élites (lesquels perdurent à travers toutes les élections et changement de ministres) bénéficiant d’avantages exorbitants issus de l’entre-soi et de la porosité public-privé-public.

  8. Une situation similaire est à noter à la PJJ, cette petite administration du Ministère de la Justice. Un appel d’offre pour la réalisation d’un logiciel de gestion administrative des mesures judicaires attribué à une grosse boite d’informatique pour 6 millions d’€. cette dernière n’a rien compris à la commande et a produit un logiciel totalement inexploitable. Une version maison a été faite, pour quelques milliers d’€, version adaptée et opérationnelle!

  9. On se souvient des contrats passés à prix d or par Olivier Véran, alors ministre de la santé, avec Mac Kinsey, qui en a profité pour piller les données du ministère. Véranda affirmait que son ministère ne produisait pas un travail d aussi bonne qualité. Si c était vrai, il aurait dû en virer ĺes responsables. Mais on sait aussi que ces contrats juteux don̈nent lieu à des rétro commissions via des circuits poliyibo manieur.

  10. Je vais sans doute passer pour un dinosaure, mais ce problème est récurent et date des débuts de l’informatique : je me souviens de mes débuts de la programmation en sortant de l’Armée de l’Air (en 70) où j’ai été formé en tant que programmeur chez IBM à Paris. A ma libération, je suis entré dans une société de services informatiques qui louait son personnel aux sociétés. J’ai eu l’opportunité d’aller travailler dans un laboratoire pharmaceutique de la vallée de Chevreuse (je ne cite pas de nom). Ce labo appartenant aux Américains devait subir un audit de la maison mère et il fallait donc écrire en urgence une compta analytique aux normes US. Quand je suis arrivé sur place, j’ai découvert un service informatique avec quatre analystes-programmeurs (dont un avec qui j’avais travaillé) incapable de réaliser cela dans des délais raisonnables, ils jouaient aux cartes toute la journée. Je m’y suis donc collé et en 3 semaines, j’ai rendu le produit fini avec les félicitations de la direction qui voulait d’ailleurs m’embaucher. Je suis donc rentré dans mes pénates avec un beau chèque de gratification en plus de la facturation de mon employeur de l’époque. Les informaticiens, salariés du labo, n’ont jamais voulu prendre en charge ces applications, pour lesquelles ils étaient payés

  11. S’il n’y avait que les douanes !! Des centaines de millions ont été engloutis dans des logiciels qui ne fonctionnent pas. Vous pouvez multiplier toutes ces structures publiques à l’infini sauf en ce qui concerne les prélèvements de toutes natures choses qui fonctionnent à merveille et dont les limites sont loin d’être atteintes.

  12. Les services des Douanes avec ses fonctionnaires est le service qui rapporte le plus à l’état , et en plus il fait faire des économies à ce même état malgré la suppression de certains services, compressifon du personnel. Messieurs, Mesdames les douaniers un grand coup de chapeau !! Mon père en était

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