Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

BNF : le grand gâchis architectural de la République

HJBC / Shutterstock.com
Trente ans à peine, et déjà en ruine. Le site François Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France, symbole pharaonique du règne mitterrandien, accumule les pathologies du bâtiment à un rythme alarmant.

La facture estimée pour la remise en état : plus de 500 millions d’euros nous dévoile Le Canard enchaîné dans son édition du 29 avril 2026 . Qui paiera ? Le contribuable, évidemment.

C’est le prix d’un monument à l’ego présidentiel que personne n’a su entretenir et que tout le monde s’apprête à renflouer.

BNF : Une architecture prestigieuse, une facture cauchemardesque

Quatre tours de verre dotées de volets de bois qui dominent la Seine. En 1995, le site François Mitterrand était censé incarner la grandeur culturelle de la France. Trente ans plus tard, le diagnostic interne de l’établissement dresse un tableau accablant : toiture qui fuit, chauffage défaillant, ventilation en panne, contrôle d’accès obsolète, systèmes informatiques vulnérables.

Ce n’est pas le résultat d’une négligence récente. C’est la conséquence logique d’une architecture signée Dominique Perrault, brillante sur le papier, cauchemardesque à entretenir.

Les 10 000 fenêtres mal isolées de la façade ? 16 000 euros pièce, selon Le Canard enchaîné.

Les 62 ascenseurs ? Un million d’euros par an de maintenance, toujours selon l’hebdomadaire satirique.

Un rapport sénatorial le documentait déjà en 2022 sans que personne ne juge urgent d’agir.

Selon le diagnostic interne de l’établissement, si aucun chantier majeur n’est engagé avant 2029, la BNF pourrait être contrainte à une fermeture partielle, voire totale. Du jamais-vu pour un bâtiment inauguré sous la présidence Mitterrand avec toute la pompe républicaine qui s’imposait.

Comment en est-on arrivé là ? Par la méthode habituelle de la gestion publique française : repousser les travaux d’entretien jugés « non prioritaires », laisser s’accumuler une dette de maintenance jusqu’à ce qu’elle devienne ingérable, puis se tourner vers l’État pour éponger l’ardoise.

La BNF n’a ni recettes de billetterie significatives, ni réserves financières. Elle est structurellement dépendante du contribuable.

L’État au secours de la BNF avec l’argent des contribuables

Le ministère de la Culture est déjà au chevet de l’institution. Il finance la rénovation du site historique de Richelieu, soutient la création d’un centre de conservation à Amiens, pour lequel il a dû injecter 10 millions d’euros supplémentaires en 2025, et devra tôt ou tard assumer les 500 millions de remise en état du site.

Pour tenter de limiter la casse, la BNF envisage la vente de son patrimoine immobilier : un château à Sablé-sur-Sarthe, des locaux à Bussy-Saint-Georges… Elle avait même étudié la location d’une de ses tours, avant de juger l’opération peu rentable.

La BNF  est, à bien des égards, le symbole parfait des dérives des grands chantiers présidentiels à la française. Des bâtiments conçus pour l’éternité de la gloire politique, livrés sans provision sérieuse pour leur entretien, et dont la facture finit immanquablement par être payée par le contribuable.

500 millions d’euros pour remettre en état un bâtiment de trente ans : voilà ce que coûte l’architecture de prestige quand personne ne s’est soucié, au moment de l’inauguration, de savoir comment on allait en payer l’entretien dans la durée.

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Une réponse

  1. On ne peut pas continuer de créer des bâtiments publics à l’infini. Comme pour l’argent public qui n’est pas infini. Si on crée de nouvelles dépenses, il faut en supprimer par ailleurs.
    Donc la vente des bâtiments publics en déshérence n’est pas une ineptie, BNF incluse le cas échéant. Quid de la fréquentation de la BNF ? Si c’est comme pour le musée F. Mitterrand à Jarnac (en gros 2000 entrées annuelles ces dernières années, la gloire🤣), une réduction de la voilure s’impose.
    Quant au coût de fonctionnement d’un bâtiment sur la durée, construction de départ intégrée, donc investissement+fonctionnement, ça existe : ça s’appelle le coût global de l’édifice.
    Mais F. Mitterrand était au dessus de ça : la mégalomanie d’abord ! et l’intendance suivra comme on dit !

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