Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Retraites publiques : l’addition cachée sort de l’ombre

Le budget 2027 pourrait marquer un tournant : Bercy veut faire apparaître, ministère par ministère, le coût réel des retraites publiques. Une transparence réclamée depuis des années par Contribuables Associés.

À l’automne, lors de la présentation du budget 2027, les contribuables pourraient enfin découvrir ce que les comptes de l’État noyaient dans les masses budgétaires depuis des années : le poids réel de la pension des fonctionnaires.

Une transparence sur le coût des retraites publiques nécessaire

David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, veut distinguer, ministère par ministère, les dépenses qui financent le service public actuel et celles servant à payer les retraites.

L’exemple de l’Éducation nationale résume la donne. Sur environ 90 milliards d’euros de budget annuel, près de 30 milliards ne financent ni les élèves, ni les enseignants, mais les pensions d’anciens agents.

Une part considérable des crédits affichés comme dédiés à l’école relève du passif social de l’État.

Cette clarification intervient alors qu’un rapport publié le 6 mai 2026 sur la caisse de retraite des agents territoriaux et hospitaliers (CNRACL) a résonné comme un coup de tocsin budgétaire.

Commandé par Matignon et réalisé par l’Inspection générale des finances, l’Inspection générale des affaires sociales et l’Inspection générale de l’administration, il dresse un constat alarmant : le régime est engagé dans une impasse financière.

Sa dette cumulée pourrait atteindre entre 60 et 110 milliards d’euros à l’horizon 2045, si rien n’est fait.

Cette alerte recoupe les conclusions défendues par Contribuables Associés dans une note publiée en février 2024 et signée Jean-Pascal Beaufret. 

L’ancien directeur général des impôts y dénonçait une présentation artificielle des comptes publics.

L’État ne cotise pas comme un employeur ordinaire : il verse des contributions d’équilibre massives pour combler le déséquilibre entre actifs et pensionnés.

Les montants des retraites publiques donnent le vertige

En 2024, le compte d’affectation spéciale (CAS) Pensions a représenté près de 68 milliards d’euros de dépenses.

L’État employeur verse une contribution de 82,28 % (depuis le 1ᵉʳ janvier 2026) pour les fonctionnaires civils et de 126,07 % pour les militaires, contre environ 17 % dans le privé.

Derrière ces taux se dissimule une subvention d’équilibre permanente.

Le contribuable paie donc 2 fois : d’abord comme cotisant, puis comme contribuable.

Bercy étudierait différentes options pour réduire le taux de cotisation retraite de l’État employeur, la plus efficace consistant à l’aligner sur celle du secteur privé.

Selon une analyse du Sénat conduite par le rapporteur Vincent Delahaye, relayée par Contribuables Associés et convergente avec les travaux de Jean-Pascal Beaufret, un retraité du public a coûté en moyenne 14 125 euros aux finances publiques en 2023, contre 1 230 euros pour un retraité du privé.

Sur un coût total de 72,5 milliards, 56,5 milliards reviennent aux seules retraites publiques, soit plus d’un tiers du déficit public.

Bercy assure que ces chiffres n’étaient pas cachés, seulement peu visibles. C’est bien le problème.

En les faisant apparaître noir sur blanc, le gouvernement se prépare à faire sortir de l’ombre la facture acquittée par l’ensemble des Français.

Exactement ce que Contribuables Associés réclame depuis des années.

Jean-Pascal Beaufret, Ancien inspecteur général des finances, chef de service à la direction du Trésor et directeur général des impôts, directeur financier d’entreprises de télécommunications, associé au fonds de capital développement Ring Capital.

Je télécharge la note de Contribuables Associés

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