Graulhet, dans le Tarn, n’est pas une ville riche. Ses 13 400 habitants supportent un endettement municipal de 14 millions d’euros. La piscine est fermée. Une école est en ruine. Les marges de manœuvre budgétaires sont quasi inexistantes.
C’est dans ce contexte que l’ancienne municipalité a commandé un crocodile mécanique de 6 mètres de long, animé, sonorisé, conçu pour faire sensation sur les rives du lac de Nabeillou dans le cadre du festival « Grandeur Nature ».
Coût du croco ? 70 000 euros la première année, 40 000 la seconde, auxquels s’ajoutent des frais de gardiennage, de mise à l’eau et de logistique. Le total grimpe à 250 000 euros sur l’ensemble de l’opération.
Le nouveau maire, Benjamin Verdeil, élu en mars dernier, a choisi de rendre la chose visible : il a fait poser le crocodile sur le plateau d’un camion, en plein centre-ville, lors de la foire de printemps, avec un panneau mentionnant le montant et la mention « payés avec vos impôts« .
Pédagogie brutale, mais pédagogie efficace.

Quand les citoyens ignorent ce que coûtent les décisions de leurs élus, il est parfois nécessaire de leur mettre les chiffres sous les yeux.
Le message est d’autant plus saisissant que la remise en état du crocodile pour cet été aurait nécessité 11 000 euros supplémentaires. La bête restera au hangar. Trop cher.
Art, crocodile et argent public
L’artiste à l’origine de l’œuvre, Jean-Michel Caillebotte (compagnie Star Pilot), dénonce, au micro de France 3 , une instrumentalisation politique et un détournement de son travail. Son crocodile, sorti de son contexte scénique, « privé de ses mouvements et du comédien qui lui donne vie« , serait « vidé de son âme« .
Il parle de « populisme » et appelle à ne pas désigner la culture comme « unique responsable des fractures » de la société. Une pétition a été lancée en sa faveur.
Ces arguments passent à côté de la vraie question. Ce n’est pas la culture qui est en cause. C’est la hiérarchie des priorités d’élus qui ont choisi d’inaugurer un crocodile animé pendant qu’une école tombait en ruine.
La confusion entre la critique de la dépense publique et l’attaque contre la culture est un classique du débat municipal français.
Elle permet à ceux qui ont mal dépensé l’argent des contribuables de se draper dans la défense de l’art pour esquiver le bilan de leur gestion.
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Une réponse
Interrogez les gens qui vivent des subsides culturels, il vont bien sûr vous dire que la culture est essentielle à la société. C’est grâce à cela qu’ils vivent. Les gens du milieu de l’enseignement font pareil dans leur domaine, comme ceux du milieu social, les militaires, les économistes, les journalistes, les sportifs, nos 600 000 élus, bref tout le monde actif. Même certains retraités disent que c’est grâce à eux que l’économie tourne… C’est dire !
Sauf qu’on n’a pas l’argent pour tout le monde, qu’on est pourris de dettes et qu’il faut trier.
250 000 €. pour un crocodile qui sort de l’eau d’un lac de France, même si l’idée en soi est plutôt originale et provocatrice, personnellement, vu nos impôts et nos finances ça me semble largement surfait.