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Santé : des milliards d’économie à trouver dans les salles d’attente

Parentingupstream pour pixabay
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Une étude de l’économiste Frédéric Bizard chiffre à 14 milliards d’euros les gains potentiels d’un accès direct aux kinésithérapeutes. De quoi relancer le débat sur le parcours de soins.

Le malade souffre, le généraliste confirme qu’il souffre, puis le spécialiste amoindrit cette souffrance s’il a survécu !

Avant d’aller chez un kinésithérapeute, un cardiologue ou un dermatologue, les patients doivent obtenir le feu vert de leur médecin traitant. Ce détour est devenu la règle avec la réforme du parcours de soins coordonnés instaurée par la loi du 13 août 2004 sur l’Assurance-Maladie.

Parcours de soins : une double consultation qui coûte des milliards

L’objectif était alors de mieux orienter les patients, d’éviter les consultations redondantes et de faire du généraliste le pivot du système de santé.

Vingt-deux ans plus tard, les déserts médicaux se sont étendus et le temps médical est devenu une ressource rare.

Dans bien des cas, le patient poireaute avant d’obtenir un rendez-vous chez son généraliste, puis une seconde consultation chez un spécialiste.

Une mécanique à double détente coûteuse lorsque la pathologie est déjà identifiée.

C’est dans ce contexte que l’étude de l’économiste Frédéric Bizard, réalisée pour l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes et citée par Le Figaro, jette un pavé dans la mare.

Selon ce plaidoyer pro domo, l’accès direct aux kinés pourrait générer jusqu’à 14 milliards d’euros de gains annuels pour les contribuables, dont 6,5 milliards pour l’Assurance-Maladie.

Ce total reste toutefois un plafond théorique : dans un scénario de déploiement « réaliste », l’étude ne retient plus que 2,9 milliards d’euros de gains annuels pour la société, dont 1,4 milliard pour l’Assurance-Maladie, soit 26  % des dépenses publiques annuelles de kinésithérapie.

Le chiffre ne repose pas uniquement sur les consultations médicales évitées. Il intègre aussi les arrêts de travail raccourcis, les complications prévenues, les hospitalisations évitées et les gains de productivité.

L’exemple des lombalgies est particulièrement parlant. Elles concerneront près de 84 % des adultes au cours de leur vie et génèrent près de 9 millions d’épisodes nécessitant une prise en charge chaque année.

Selon l’étude, une prise en charge kinésithérapique plus précoce permettrait d’éviter jusqu’à 36 jours d’arrêt de travail par patient concerné. La prévention des chutes chez les personnes âgées constitue un autre gisement d’économies.

Avec le vieillissement de la population, près de deux millions de seniors se cassent la figure chaque année, dont 450 000 gravement.

Cette réflexion pourrait être étendue au-delà de la seule profession de kiné.

Parcours de soins : l’accès direct, un gisement d’économies

Le parcours de soins coordonnés n’a jamais fait l’objet d’un bilan financier incontestable. Dans un rapport de 2013, la Cour des comptes jugeait la réforme « inaboutie ». Elle rappelait que les économies attendues n’avaient jamais été évaluées.

Depuis, aucun chiffrage affiné n’a été communiqué.

Faute de bilan financier ajusté, une autre approche consiste à examiner ce que coûtent les consultations intermédiaires imposées par ce système.

En dermatologie, par exemple, près de 6 millions de consultations sont réalisées chaque année. Pour l’acné, l’eczéma, le psoriasis ou le suivi de lésions bénignes déjà diagnostiquées, une partie importante des patients consulte d’abord son généraliste avant d’obtenir un rendez-vous spécialisé.

Si seulement 30 % de ces consultations évitaient ce passage intermédiaire, près de 1,8 million de rendez-vous pourraient être supprimés, représentant environ 54 millions d’euros de consultations de médecine générale.

L’enjeu se chiffrerait sans doute en centaines de millions d’euros, généralisé aux autres spécialités à forte activité de suivi, comme la cardiologie, l’ORL ou la rhumatologie, où une partie des consultations de contrôle de pathologies déjà diagnostiquées pourrait se passer du détour par le généraliste.

L’ophtalmologie, elle, relève déjà de l’accès direct autorisé – au même titre que la gynécologie ou la stomatologie –, preuve que le filtre systématique du généraliste n’a rien d’incontournable.

Sans oublier l’enjeu principal souligné par l’étude de Frédéric Bizard : les complications évitées, les arrêts de travail raccourcis et l’optimisation d’un temps médical devenu précieux.

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