À mesure que le budget européen enfle, les fraudeurs affûtent leurs méthodes. L’intelligence artificielle facilite les faux dossiers, les montages transfrontaliers compliquent les enquêtes et les milliards du plan de relance attisent les convoitises.
Fraude européenne : une stratégie de contrôle à bout de souffle
Le dernier rapport de la Cour des comptes européenne¹ du 18 juin 2026 sonne comme coup d’Olifant : ronflante sur le papier, la stratégie antifraude de la Commission manque de souffle.
Les auditeurs de la Cour des comptes européenne estiment que les plans d’action manquent souvent d’objectifs précis, de calendriers clairs et d’indicateurs réellement capables de mesurer les résultats obtenus.
Les chiffres récents donnent la mesure du problème. Le Parquet européen (EPPO) a ouvert 2 030 nouvelles enquêtes en 2025, soit 35 % de plus qu’en 2024.
À la fin de l’année, il suivait 3 602 dossiers actifs représentant un préjudice estimé à plus de 67 milliards d’euros pour les finances européennes et nationales.
Les fraudes à la TVA et aux droits de douane concentrent à elles seules plus de 45 milliards d’euros de dommages présumés.
Fraude au plan de relance : les milliards européens dans le viseur
Les fonds du plan de relance européen figurent parmi les cibles privilégiées des escrocs.
Plus de 500 enquêtes concernent désormais les programmes NextGenerationEU, pour un préjudice estimé à plus de 5 milliards d’euros.
Les enquêteurs font état de factures falsifiées, de coûts artificiellement gonflés, d’appels d’offres biaisés ou encore de demandes de subventions reposant sur de fausses déclarations.
L’année 2026 apporte déjà son lot d’exemples. En mai, le Parquet européen a fait arrêter 21 personnes en Croatie dans une affaire de subventions agricoles européennes obtenues grâce à des documents falsifiés et à des manipulations des superficies foncières.
L’enquête évoque également des soupçons de corruption impliquant des responsables chargés de distribuer les aides.
Plus les enveloppes publiques grossissent, plus les contrôles doivent être rigoureux. Bruxelles annonce des plans d’investissement historiques. Et doit montrer la même détermination lorsqu’il s’agit de protéger l’argent des contribuables.
¹ Rapport spécial 18/2026: La stratégie antifraude de la Commission européenne
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