Étudiants étrangers : 200 millions d’économies sur les APL
Adoptée dans le cadre du projet de loi de finances 2026 et validée par le Conseil constitutionnel en février 2026, la mesure a été mise en œuvre par le décret n° 2026-552 du 27 juin 2026, publié au Journal officiel le dimanche 28 juin.
Elle est simple : les étudiants extra-européens non titulaires d’une bourse sur critères sociaux ne peuvent plus prétendre aux aides personnalisées au logement.
Jusqu’ici, la CAF prenait en charge entre 100 et 150 euros de leur loyer mensuel. C’est désormais caduc.
Selon les pouvoirs publics, 100 000 étudiants sont concernés, soit environ 22 % des quelque 450 000 étudiants étrangers présents en France.
Les boursiers, eux, conservent leurs droits.
De même que ceux qui travaillent en parallèle de leurs études – à partir d’une heure par semaine, selon le ministère du Logement – ou qui ont signé un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.
Les étudiants réfugiés, les apatrides et les conjoints d’étudiants extracommunautaires demeurent également éligibles.
Le gouvernement table sur 200 millions d’euros d’économies annuelles.
Étudiants étrangers : une mesure insuffisante
Notre nouvelle étude « Combien nous coûtent et nous rapportent les étudiants étrangers en France« , Combien nous publiée en juin 2026 et réalisée par Jean-Paul Gourévitch, l’établit clairement : les aides au logement versées aux étudiants étrangers représentaient une dépense de 259 millions d’euros en 2024.
Un poste conséquent mais parmi d’autres dans une facture globale de 3,415 milliards d’euros de dépenses pour seulement 1,237 milliard de recettes, soit un déficit net de 2,18 milliards d’euros, ou 4 839 euros par étudiant étranger.
La suppression des APL pour les non-boursiers extra-communautaires était précisément l’une des pistes envisagées dans l’étude.
Mais s’arrêter là serait une erreur. Le sujet ne se limite pas au logement.
Le problème n’est pas que la France dépense pour ses étudiants étrangers. C’est qu’elle dépense mal, sans sélection, sans pilotage, et sans résultats à la hauteur.
Contacté par nos soins, Jean-Paul Gourévitch replace ce décret dans son contexte :
« Le logement est l’une des dépenses majoritaires, voire principale, de l’État vis-à-vis des étudiants étrangers ; ce décret s’inscrit donc dans une politique de sélectivité des étudiants qui semble être dans les priorités du gouvernement. »
La bataille juridique, elle, n’est pas close. Validée le 19 février 2026 par le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-901 DC), malgré les saisines de la gauche et les contributions extérieures d’associations de défense du logement, la mesure reste assortie d’une réserve d’interprétation : les critères d’éligibilité aux bourses devront respecter le Préambule de la Constitution de 1946, sous le contrôle du juge administratif. C’est devant lui, désormais, que le décret pourra être contesté.
Reste à savoir si cette dynamique s’inscrira dans une logique du temps long, ou ira rejoindre les limbes des bonnes idées retoquées, cette fois-ci par le juge administratif…
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