Moins d’élèves, davantage d’argent, mais un niveau qui baisse.
Publiée par l’OCDE le 8 septembre, l’enquête PISA 2025 – Programme international pour le suivi des acquis des élèves – est la plus vaste comparaison mondiale des systèmes scolaires : plus de 760 000 jeunes de 15 ans dans 91 pays ont été évalués sur leur capacité à mobiliser leurs connaissances en sciences, mathématiques et lecture.
PISA 2025 : des moyens en hausse, des résultats en baisse
La France a consacré 197,1 milliards d’euros à l’éducation en 2024, tous niveaux confondus, enseignement supérieur compris, soit 6,8 % du PIB et 3,6 % de plus qu’un an auparavant (+1,4 % hors inflation). À la rentrée 2026, elle ne compte pourtant plus que 11,6 millions d’élèves, 161 000 de moins en un an.
Et malgré cette débauche de moyens, c’est la douche froide.
En mathématiques, la France tombe à 458 points, 16 de moins qu’en 2022 et 37 de moins qu’en 2018.
En lecture, elle perd 18 points en trois ans et plus de 50 en dix ans.
Les sciences résistent mieux, à 483 points.
Désormais, 36 % des adolescents sont en difficulté en maths et 33 % en lecture.
La France demeure proche d’une moyenne OCDE elle-même en baisse, mais l’Estonie et le Royaume-Uni figurent parmi les dix meilleurs systèmes mondiaux ; la Suisse atteint 499 points en maths, contre 458 pour la France.
Pisa 2025 : je ne suis pas certaine qu’on mesure bien les conséquences de ce marasme…
Sur 10 ans, le niveau des élèves français s’est effondré de 12 points en sciences, 38 points en maths et 44 points en compréhension de l’écrit, ce qui équivaut à un retard de près de 2 ans… pic.twitter.com/KeetAOsjKF— Géraldine Woessner (@GeWoessner) September 8, 2026
PISA 2025 : des causes multiples au recul des élèves
L’immigration entre dans l’équation. Au dernier point détaillé comparable, PISA 2022, 17 % des élèves français de 15 ans étaient issus de l’immigration, contre 26 % en Allemagne, 35 % en Suisse et 20 % au Royaume-Uni.
Cependant un élève arrivant avec une scolarité continue, une bonne maîtrise de la langue d’enseignement et un milieu familial diplômé ne rencontre évidemment pas les mêmes obstacles qu’un primo-arrivant allophone ayant été scolarisé dans un système très différent.
En France, l’écart en maths entre élèves immigrés et non immigrés était de 51 points, dans l’enquête PISA 2022. Il tombe à 17 points après correction du seul milieu socio-économique.
PISA pointe la distraction numérique, le recul de la lecture et une moindre implication familiale.
La France affiche l’un des indices de soutien parental les plus faibles de l’OCDE : la part des élèves dont les parents parlent de l’école avec eux chaque semaine est passée de 74 % à 63 % entre 2022 et 2025, et celle des élèves dont les parents s’intéressent à ce qu’ils apprennent en classe de 63 % à 49 %, contre 58 % dans l’OCDE.
PISA 2025 : absentéisme et pénurie d’enseignants
L’absentéisme progresse. Un tiers des élèves ont par ailleurs manqué au moins un cours ou une journée dans les deux semaines précédant le test, une proportion proche de la moyenne de l’OCDE.
S’y ajoutent des conditions d’enseignement dégradées : seuls 13 % des élèves français fréquentent un établissement dont le chef ne signale aucune pénurie d’enseignants, contre 29 % dans l’OCDE.
L’OCDE relie explicitement l’allongement du temps passé devant les écrans et le recul de la lecture pour le plaisir à la baisse des résultats en compréhension de l’écrit. Les élèves français déclarent 4,9 heures par jour sur des appareils numériques, dont 3 heures de loisirs.
Plus de la moitié d’entre eux (55 %) se disent distraits par ces appareils en classe, contre 61 % dans l’OCDE ; mais 27 % seulement sont scolarisés dans un établissement où le téléphone est interdit, deux fois moins qu’en moyenne dans l’OCDE (50 %).
En France s’ajoutent des inégalités scolaires particulièrement fortes et une succession de réformes rarement conduites assez longtemps pour être évaluées.
Les classes se vident ; la facture, elle, continue de monter.



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