Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

520 000 euros pour des pochettes déjà ridiculisées

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520 000 euros pour des pochettes. 520 000 euros pour un dispositif contourné en seulement quelques jours par les élèves.

Présentée comme novatrice, cette solution apparaît surtout coûteuse et déjà ridiculisée par ceux-là mêmes qu’elle devait empêcher d’utiliser leur téléphone à l’école. Alors, la question du téléphone à l’école reste entière.

En 2025, le conseil départemental de Haute-Savoie a financé l’achat de 50 000 pochettes anti-portable et de 600 bases de déverrouillage, pour un coût total de 520 000 euros.

Le principe est simple : chaque collégien enferme son téléphone dans une pochette aimantée à son arrivée, puis la fait déverrouiller à sa sortie, et ce dispositif vise une meilleure gestion du téléphone à l’école.

Mais des vidéos publiées sur TikTok montrent déjà des élèves ouvrant leur pochette en la frappant contre le bord d’une table ou d’une fenêtre. « Et voilà ! C’est ouvert ! C’est hyper facile ! », se réjouit l’un d’eux dans une séquence relayée par Le Figaro Étudiant.

Fallait-il vraiment dépenser 520 000 euros ? 

L’interdiction du téléphone au collège est une mesure utile. Les écrans perturbent les cours, nuisent à la concentration et favorisent parfois le harcèlement. Mais fallait-il pour autant consacrer plus d’un demi-million d’euros à des pochettes sophistiquées dont certains élèves ont déjà trouvé la faiblesse ?

Le débat sur le téléphone à l’école n’est donc pas clos. 

Des solutions beaucoup plus simples existent. Les téléphones pourraient être déposés à l’entrée de l’établissement dans des pochettes nominatives fournies par les familles, puis placés dans des caisses fermées et surveillées, par exemple dans le bureau du conseiller principal d’éducation.

Des casiers ou des boîtes collectives peuvent également remplir cette fonction. Le gouvernement reconnaît d’ailleurs lui-même que différentes méthodes sont possibles : pochettes individuelles, casiers, boîtes collectives ou remise des appareils au personnel.

Plus de 32 000 collégiens avaient expérimenté ces dispositifs pendant l’année scolaire 2024-2025. Cela montre la diversité des solutions face au téléphone à l’école. 

Les contribuables attendent des explications 

Pourquoi la Haute-Savoie a-t-elle choisi cette solution ? Les pochettes ont-elles été sérieusement testées avant leur achat ? Le fournisseur avait-il garanti leur résistance ? Le département demandera-t-il leur remplacement ou leur remboursement ?

À la date de publication de l’article du Figaro, la collectivité n’avait pas répondu aux questions du journal. Pourtant, lorsque 520 000 euros d’argent public sont engagés, les contribuables sont en droit d’obtenir des réponses.

Plus largement, Contribuables Associés suit de près la question des dépenses publiques consacrées à l’Éducation nationale, comme dans notre récent article consacré aux résultats de PISA 2025, à retrouver ici.

Une innovation n’est pas bonne simplement parce qu’elle paraît moderne. Elle doit être utile, solide et proportionnée à son coût. Ici, quelques coups contre une table semblent avoir suffi à faire tomber le dispositif – et avec lui la justification d’une dépense d’un demi-million d’euros. 

Budget, dépenses publiques, impôts : retrouvez l’enquête de Jean-Baptiste Leon sur la dépense publique dans « Le Livre noir de l’Argent public » 

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