Par Matthieu Boeche, entrepreneur, fondateur de 300 pour la France et auteur de « FRANCE 2X »
A ce rythme, il faudrait près de 80 ans pour doubler notre niveau de vie. Trois générations.
Je suis entrepreneur. Mon métier, c’est de construire : investir, recruter, obtenir une autorisation, financer un projet, ouvrir un site.
Et je constate qu’en France, nous débattons sans cesse de la manière de répartir la richesse, presque jamais de la manière d’en produire beaucoup plus.
C’est ce silence qui m’a poussé à écrire FRANCE 2X.
Un chiffre pour sortir du flou
Doubler en dix ans suppose une croissance réelle du PIB par habitant de 7,18 % par an. Nous en produisons 0,87. Nous avançons huit fois trop lentement.
On me dira que c’est irréaliste pour une économie développée. Je l’entends, et je ne présente pas ce chiffre comme une prévision : c’est une cible de mobilisation. Mais je pose une question en retour : quelle est l’ambition alternative ?
Il n’y en a pas. Une nation sans objectif chiffré n’est pas prudente. Elle est simplement désorientée.
La stagnation n’a d’ailleurs rien d’une loi de la physique. Entre 1950 et 1975, la France a doublé son PIB par habitant en un peu plus de vingt ans.
C’est un choix, jamais formulé à voix haute, qui nous a fait préférer la répartition du gâteau à sa croissance.
Une boussole, six moteurs
Nous avons les atouts : une électricité largement décarbonée, des ingénieurs, des mathématiciens et des chercheurs de haut niveau, des infrastructures solides, des institutions stables.
Notre problème n’est pas le potentiel. C’est de le transformer en puissance.
Je propose de juger chaque décision publique à une seule question : augmente-t-elle durablement notre capacité à produire, à inventer, à attirer les capitaux et les talents ?
Autour de cette boussole, six moteurs.
* Énergie : faire de notre électricité décarbonée un avantage industriel mondial.
* Capital : orienter l’investissement vers l’innovation et l’industrie.
* Talents : attirer chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs du monde entier.
* Productivité : utiliser l’IA pour accroître la valeur produite par heure travaillée.
* Ville et université du futur : un territoire-laboratoire pour expérimenter avant de généraliser.
* Vitesse : réduire les délais qui freinent l’investissement et la construction.
Pourquoi maintenant ?
L’intelligence artificielle n’est pas une industrie de plus. Elle pourrait constituer une rupture comparable à l’électricité ou à l’informatique. Elle démultiplie ce qu’un chercheur peut découvrir et ce qu’une petite équipe peut construire.
Ces périodes redistribuent les cartes entre les nations. Certaines gagnent des décennies en quelques années.
D’autres perdent leur rang sans avoir commis d’erreur, simplement parce qu’elles ont laissé passer la fenêtre.
Le risque pour la France n’est pas de se tromper. C’est d’attendre.
La moitié pour nous, la moitié pour le pays
Une croissance que personne ne sent sur sa feuille de paie ne survivra pas. La moitié des gains nets de prospérité reviendrait donc directement aux Français, par une baisse des prélèvements sur le travail et un crédit d’impôt.
L’autre moitié irait à la Nation : investissement public, services essentiels, équilibre budgétaire.
Un tel pacte doit tenir dix ans, au-delà des alternances. C’est pourquoi je propose qu’il soit, à terme, soumis aux Français par référendum.
Ce livre n’est ni un programme électoral ni un pamphlet contre l’État, et il assume ses limites : chaque mesure devra faire l’objet d’un chiffrage indépendant avant toute traduction législative.
Il n’est pas prêt à devenir une loi. Il est prêt à devenir une question.
Derrière ce chiffre, il y a des vies : un jeune qui peut construire ici plutôt que partir.
Nous devons redevenir un pays de bâtisseurs.
FRANCE 2X est disponible depuis le 21 septembre. Lisez-le, contestez-le, améliorez-le.
Mais posons-nous enfin la question ensemble : et si nous essayions ?
Matthieu Boeche
