Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Éducation nationale : 3 024 enseignants payés sans élèves

© Daniel Hoz / Shutterstock
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Alors que des élèves perdent des heures de cours, 3 024 enseignants remplaçants rémunérés par l’État n’étaient pas devant une classe début octobre, selon le gouvernement. Une anomalie qui interroge la gestion de l’argent public.

Le chiffre est révélateur. Le 8 octobre 2026, en pleine mobilisation lycéenne, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé sur TF1 que quelque 3 000 professeurs remplaçants n’étaient « pas devant des élèves » – 3 024 exactement, a précisé le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Ces fonctionnaires, titulaires sur zone de remplacement (TZR) du second degré dans l’enseignement public, sont rémunérés par l’État, même lorsqu’ils ne sont pas mobilisés pour assurer un remplacement.

Le ministre a promis de les affecter d’ici au 13 octobre dans les lycées les plus en difficulté.

Le problème n’est pas que ces enseignants soient payés : leur mission de remplacement est indispensable.

C’est que l’administration peine à les affecter là où les besoins existent, alors que certains établissements connaissent des absences de professeurs non remplacées.

Éducation nationale : plus de 112 millions d’euros de rémunérations annualisées

Selon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), un enseignant enseignant fonctionnaire ou assimilé (public et privé sous contrat) percevait en moyenne 3 090 euros net par mois en 2024.

Appliquée aux 3 024 enseignants concernés, cette moyenne représente 112,1 millions d’euros net sur douze mois.

Ce montant est une extrapolation, et non le coût exact de ces personnels. Il ne tient compte ni des rémunérations individuelles ni de la durée réelle passée sans élèves.

Le coût total pour l’État est supérieur une fois les cotisations patronales ajoutées.

Un autre chiffre circule, à ne pas confondre. À la rentrée 2024, le Sénat recensait 10 048 enseignants sans affectation, au sein d’un ensemble de 11 291 agents.

Cette catégorie regroupe des personnels en congé de longue durée ou en congé de formation professionnelle : elle ne peut donc pas être assimilée aux 3 024 remplaçants annoncés en 2026.

Les contribuables sont en droit d’exiger des comptes.

Avant de réclamer davantage de moyens, l’Éducation nationale doit expliquer pourquoi des enseignants rémunérés ne sont pas affectés devant des élèves alors que des besoins de remplacement subsistent.

L’argent public doit financer l’enseignement, pas les défaillances de l’organisation administrative.

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