Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

« Immigration : mythes et réalités » de Nicolas Pouvreau-Monti [Tribune de J.P. Gourévitch]

© Robsonphoto /Shutterstock
Jean-Paul Gourévitch, consultant international sur l'Afrique et les migrations, auteur de plusieurs études pour Contribuables Associés, a lu "Immigration : mythes et réalités" (Fayard) de Nicolas Pouvreau-Monti.

Il était très attendu. C’est peu de le dire. Et quelques jours après sa sortie chez Fayard, le 15 avril 2026, il a pris la tête des meilleures ventes sur Amazon.

L’ouvrage de Nicolas Pouvreau-Monti, fondateur et directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID), Immigration : mythes et réalités, s’est imposé comme une référence incontournable dans une problématique particulièrement clivante.

Corollaire : l’ouvrage a bénéficié d’une publicité tapageuse dans les médias du groupe Bolloré comme CNews, Europe 1 ou Le JDD, dans d’autres situés à droite ou très à droite (Sud Radio, Radio Courtoisie) et chez quelques éditorialistes courageux comme à Marianne : avant-premières, reportages, interviews diffusées en boucle.

Inversement, à l’heure où nous écrivons ces lignes, aucune recension n’est parue dans Libération, Le Monde et autres médias de grand chemin. Il faut dire que notre quotidien de référence avait définitivement enterré, dès le 29 octobre 2025, l’OID et son fondateur : « L’Observatoire de l’immigration et de la démographie : un think tank qui fabrique de la peur » (Julia Pascual).

L’ouvrage est construit sur une réfutation très argumentée, avec statistiques, tableaux et graphiques, de six mythes :

« Il n’y a pas plus d’immigration aujourd’hui qu’hier », « L’immigration rapporte à la France », « L’immigration n’a pas d’impact sur la vie quotidienne », « L’immigration ne change pas la culture française », « L’État a le contrôle sur l’immigration », « Les experts disent tout ».

La conclusion, résumée en quatre pages sous le titre « La balle est dans notre camp », tient en une formule finale « Il faut briser le Grand Déni avant qu’il ne brise le pays » et en un appel aux candidats et aux électeurs à prendre leurs responsabilités lors de l’élection présidentielle de 2027.

La démonstration de la composition actuelle des flux migratoires, de leur ampleur réelle et notamment de leurs retombées sur les finances publiques, les mentalités et les comportements dans les contraintes actuelles du droit européen, est peu discutable.

La question est plutôt de savoir jusqu’à quel point cette transformation de la France est maîtrisée par les pouvoirs successifs et acceptée par l’opinion.

Très prudemment, l’auteur prend ses distances avec les projections démographiques et sociétales comme celle du Pew Research Center qui estime que « la France compterait environ 13 millions de musulmans en 2050 ».

Il évite d’aborder de front la question du Grand Remplacement, un « concept que le présent ouvrage n’emploie à aucun moment ».

Et s’il cite Michèle Tribalat ou Gérard-François Dumont, il ne mentionne pas tous ceux qui, avant lui, ont tenté de faire émerger dans le débat public la question du coût de l’immigration et de son impact sociétal, et notamment l’action de Contribuables Associés, aussi bien dans ses publications que dans ses interventions parlementaires.

Nous l’avons interrogé sur ce point. Il nous a répondu :

« Comme vous l’avez constaté, mon livre ne se livre pas à une revue détaillée des études d’estimation qui existent sur le bilan budgétaire de l’immigration – pas même à celle de l’OID lui-même, laquelle n’est mentionnée qu’en passant. J’ai préféré insister sur les grands facteurs de coût, qui se prêtent moins aux débats de méthode : le sous-emploi chronique de l’immigration, sa surreprésentation dans des métiers faiblement contributeurs et sa surconsommation des dépenses sociales. N’y voyez donc aucune exclusive à l’égard de vos remarquables travaux ! ».

Dont acte. Il n’en reste pas moins que nos recherches documentées sur la pénombre de l’immigration, les coûts régaliens et les coûts sociétaux (fraude, trafics, dépenses de santé concernant la drogue et le tabac, contrefaçon, prostitution, piratage et délinquance informatique…), ainsi que la contribution des immigrés qui travaillent à l’augmentation du PIB de la nation, sont de nature à éclairer un débat sur ce qui est devenu « l’objet de la conversation politique et sociale en France, qu’elle soit abordée comme telle ou contournée par une série d’euphémismes », comme l’écrit l’auteur.

De ce point de vue, sa contribution à la déconstruction des mythes « qui rassurent sans doute, mais qui aveuglent surtout » nous a paru décisive.

Jean-Paul Gourévitch

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