Un nouvel exemple des conséquences très concrètes de la dégradation des finances parisiennes. En cause : une facture de près de 500 millions d’euros. Sur la partie parisienne, 5 500 habitants et 3 900 emplois étaient attendus. Après dix-sept années de discussions et de modifications, la municipalité s’apprête pourtant à abandonner le projet « dans sa forme actuelle», rapporte Le Parisien.
Une facture de 500 millions d’euros
La SNCF réclamerait près de 500 millions d’euros pour la cession des terrains et la reconstitution des voies et ouvrages ferroviaires après les travaux.
« Pouvoir entrer dans la discussion concrète de Bercy-Charenton et de son aménagement supposait pour la Ville de débourser dès le préalable un demi-milliard d’euros », explique Lamia El Aaraje, première adjointe au maire de Paris, citée par Le Parisien.
La Ville dénonce des « factures insoutenables ». Mais après dix-sept années de préparation, comment un obstacle financier aussi déterminant a-t-il pu conduire à l’impasse ?
Une dette en hausse de 133 %
Paris dispose surtout de marges de manœuvre de plus en plus réduites. La dette de la Ville, qui atteignait 4,18 milliards d’euros en 2014, devrait s’élever à 9,7 milliards fin 2026, soit une hausse de 133 % en douze ans, selon Le Monde.
Cette dette n’empêche pas tout investissement. Mais elle rend les nouveaux projets plus difficiles à financer. Lorsque l’endettement et les dépenses de fonctionnement progressent, les investissements utiles finissent par être réduits, reportés ou abandonnés.
Retrouvez la note de Paris dans l’Argus des communes.
Cette affaire rappelle un précédent ferroviaire parisien. En 2023, Contribuables Associés dénonçait déjà la gare de fret de Chapelle International, construite pour 80 millions d’euros et qui n’avait alors accueilli aucun train de marchandises.
À Chapelle International, Paris avait trouvé 80 millions d’euros pour une gare inutilisée. À Bercy-Charenton, la Ville renonce à un quartier préparé depuis dix-sept ans. Deux dossiers différents, mais une même question : qui répondra enfin de l’utilisation de l’argent des contribuables ?