Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Sophie de Menthon : « Nous gagnerons plus si l’État dépense moins ! »

© Éric Fougère
Sophie de Menthon préside le mouvement entrepreneurial ETHIC. Elle dénonce une politique familiale payée par les entreprises et plaide pour la liberté des familles face à l’intrusion de l’État. Entretien.

 Version intégrale de l’entretien paru dans Tous contribuables n° 40, « Budget 2027. Familles, le grand déclassement », automne 2026.

ETHIC organise la « Fête des entreprises », le jeudi 15 octobre. Contribuables Associés est partenaire de l’événement. 

La branche Famille de la Sécurité sociale est financée majoritairement par les cotisations des employeurs et ses excédents servent à combler les déficits des autres branches. . Les entreprises paient donc la politique familiale sans avoir voix au chapitre : comment le vivez-vous ?

Nous le vivons assez mal, d’autant que cela se double d’une intrusion croissante dans la vie personnelle et familiale : envoi de SMS pour inciter à faire des enfants, législation sur la fin de vie, attribution de congés parentaux en dépit du bon sens, etc.

Le seul résultat que les salariés constatent, c’est qu’ils touchent, à la fin du mois, beaucoup moins que ce qu’ils gagnent officiellement ! Et, de surcroît, qu’ils financent tout le pays et sa gabegie sans voir venir la moindre économie sur la dépense publique – donc pas de baisse de charges, donc pas de hausse des salaires.

On se débrouille pour que ce soient les entreprises qui soient accusées de ce manque à gagner.

La France fait de moins en moins d’enfants. Faut-il davantage de prestations, ou moins d’impôts et de charges sur ceux qui élèvent des enfants ?

Laissez les Français faire les enfants qu’ils veulent, quand ils le veulent, à l’âge qu’ils souhaitent ! L’État doit créer les conditions matérielles de sécurité et de prospérité qui rendent la vie des Français heureuse, un point c’est tout.

Moins de prestations, et tout ira bien : les prestations sont financées par les impôts…

L’État se promène d’une poche à l’autre. Et si l’on supprimait toutes les voitures de fonction du monde politique et administratif, par exemple ? Ainsi que les logements de fonction ? Des détails « symboliques » qui allégeront les dépenses publiques.

Nous gagnerons plus si l’État dépense moins, et on veut nous faire croire le contraire !

C’est ainsi : les politiques se créent des clientèles électorales captives. Les chefs d’entreprise doivent, tous, faire œuvre de pédagogie auprès de leurs salariés sur tous ces points qui les concernent.

L’économie se fait dans la poche du contribuable.

Une seule mesure à imposer demain matin en faveur des familles : laquelle, et financée comment ?

Pas de mesure ! Toute mesure coûte plus cher à ses bénéficiaires qu’elle ne leur rapporte en fin de compte. Rendez le maximum de leur argent aux Français : ils décideront seuls de l’affectation de ce qu’ils gagnent.

Quant aux conditions de travail des nouveaux parents, c’est au chef d’entreprise, en concertation avec les salariés, de les améliorer, si possible de façon transitoire.

Arrêtons de vouloir le bien en taxant et en incitant les gens à travailler le moins possible.

La loi de finances 2026 a durci le pacte Dutreil, et vous jugez les droits de succession particulièrement injustes. Parmi les entrepreneurs que vous côtoyez, que devient concrètement une entreprise lorsque son dirigeant renonce à la transmettre à ses enfants ?

Il la vend, hélas ! On sait pourtant que les entreprises familiales ont un taux de pérennité et de prospérité meilleur que les autres.

Une entreprise et un chef d’entreprise paient des impôts et des taxes toute l’année : cela ne mériterait-il pas une exemption totale des droits de succession, dès lors que l’entreprise perdure sur sa lancée ?

Vous avez créé en 2003 la Fête des entreprises, « J’aime ma boîte ». Pouvez-vous en rappeler l’idée et ce qu’elle est devenue ?

J’étais aux États-Unis lorsque j’ai découvert, dans un drugstore, des cartes postales qui affichaient : « I love my boss ».

Je me suis renseignée – c’était il y a vingt-cinq ans – et l’on m’a répondu que, tous les ans, on célébrait le Boss’s Day, la fête des patrons ! Aux États-Unis, le boss, c’est celui qui crée la richesse des salariés, et on l’aime pour cela. J’ai trouvé l’idée formidable…

De retour en France, on m’a expliqué que, chez nous, lorsqu’on faisait sa fête à un patron, c’était pour le séquestrer ! C’est là que j’ai changé le concept et inventé la « Fête des entreprises ».

Depuis, l’événement prend chaque année davantage d’ampleur, en particulier sous son slogan « J’aime ma boîte ».

Faudrait-il aujourd’hui inventer un « J’aime ma famille » ? Car les deux institutions subissent le même sort : on vit d’elles, on les taxe, et on s’excuse presque de les aimer.

Non ! L’amour humain et familial n’est pas de la même nature ! Il ne se décrète pas et ne dépend heureusement ni du revenu familial ni des taxes imposées !

C’est une boutade qui pourrait avoir un sens ; heureusement, on n’en est pas là…

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Entretien extrait du numéro 40 de Tous contribuables « Budget 2027. Familles, le grand déclassement ». Numéro 40. Automne 2026.

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