Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Les cotisations sociales patronales affectent autant le salarié que l’employeur

Luc Peillon, chef adjoint du service France de « Libération », s'en est pris au concept du « Jour de libération fiscale ». Et s'est pris les pieds dans le tapis.

Après Le Monde, c’est au tour de Libé de s’attaquer au Jour de libération fiscale.

Le 27 juillet 2015, nous avons annoncé le jour de l’année à partir duquel les contribuables cessent de financer la sphère publique (État, collectivités territoriales, Assurance maladie).

Pour agrémenter notre article, nous l’avons assorti d’un visuel basé sur l’affiche du classique La Grande Évasion, qui raconte la captivité puis… l’évasion de soldats britanniques d’un camp de l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale.

Il n’en fallait pas davantage pour provoquer l’émoi de Luc Peillon, qui s’est fendu d’un éditorial courroucé le 30 juillet 2015.

Le chef du service France de Libération semble peu apprécier que des personnes et des organisations dont il ne partage pas les idées puissent faire leur le terme même de libération.

Cette colère de l’éditorialiste l’a conduit à écrire à peu près n’importe quoi pour réfuter notre analyse.

Autant l’article de Samuel Laurent pour les « Décodeurs » du Monde était argumenté (bien que faux), autant celui de Luc Peillon prêterait à rire si son auteur n’était pas aussi sérieux.

Dénonçant l’« arrogance » (sic) de ses contradicteurs, le journaliste s’emmêle complètement les pinceaux en affirmant que les cotisations patronales (payées par l’employeur) sur les salaires ne peuvent être considérées comme des prélèvements obligatoires puisqu’elles n’affectent pas les salariés.

Rappelons d’abord que le terme « contribuables » recouvre aussi bien les entreprises que les salariés et les ménages que ceux-ci constituent..

Les charges qui pèsent sur les salaires, quelles qu’elles soient, affectent autant les salariés que les employeurs. Lorsque les premiers perçoivent leur salaire, celui-ci est amputé de toutes les cotisations prises en bloc.

En réalité, les cotisations salariales sont payées, tout comme les patronales, par l’employeur lui-même.

Ainsi, lorsqu’une entreprise recrute un salarié, elle prend en compte l’ensemble de son coût pour l’entreprise. Et ce qu’il reçoit au final, c’est bien l’ensemble du salaire amputé de tous les prélèvements.

Luc Peillon avance l’idée selon laquelle, si les cotisations patronales n’étaient pas acquittées, le salarié ne s’en trouverait pas plus riche.

C’est loin d’être sûr. Si les charges pesant sur le travail étaient moindres, les entreprises disposeraient de davantage de marge de manœuvre pour établir leur politique salariale, et la loi de l’offre et de la demande les conduirait à augmenter les salaires pour attirer les meilleurs salariés.

Luc Peillon a trouvé une solution plus simple : taxer les salaires au maximum pour que les employeurs ne disposent pas de cette liberté. Il est sans doute plus rassurant, pour l’éditorialiste, d’être certain de rester pauvre que de risquer d’être plus riche.

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