Selon le Trésor Public, cet élargissement coûterait chaque année quelques 6,6 milliards d’euros aux contribuables, alors que le Revenu Social d’Activité (RSA) est déjà un poids annuel de 9,8 milliards sur notre économie.
Le rapport de 170 pages milite pour l’accès de tous les jeunes de 18-25 ans au RSA, levant ainsi la restriction d’âge.
Pourtant, comme le rappelle le député de Saône et Loire, pour l’instant, près de 176 000 jeunes de moins de 25 ans bénéficient déjà du RSA dans trois cas spécifiques :
– la parentalité : il n’y a pas de condition d’âge pour un jeune ayant un ou plusieurs enfants à charge ou une naissance attendue. Cette situation concerne près de 155 000 jeunes ;
– la vie maritale avec une personne de plus de 25 ans remplissant les conditions d’ouverture: dans ce cas le jeune peut bénéficier du RSA en tant que conjoint, ce qui concernait près de 11 900 jeunes en 2013.
– le RSA « jeunes actifs » : depuis le 1 er décembre 2010, une personne de 18 à 24 ans ayant travaillé au moins deux ans à temps plein au cours des trois années précédant la date de sa demande ; 8 000 jeunes en bénéficient
Pour financer cette nouvelle dépense publique, il faudrait nécessairement de nouveaux prélèvements. Ces taxes pèseront sur la croissance des entreprises et des ménages, et donc à terme sur l’emploi des Français.
Il est d’ailleurs inimaginable de baisser les impôts de tous les contribuables, sans réduire préalablement le poids des dépenses publiques liées à l’assistanat.
Un rapport sur « les allocataires du RSA fin juin 2013 » élaboré par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) estimait à 3,5 millions le nombre de personnes couvertes par le RSA socle et 1,2 million par le RSA activité.
Les jeunes ne souhaitent pas faire un stage d’assistanat.
Ils souhaitent travailler, un tiers souhaitent même créer une entreprise (sondage OpinionWay de février 2015). Plutôt que de placer les jeunes sous tutelle sociale, l’État devrait déchainer les initiatives en diminuant la fiscalité écrasante des petites entreprises et des travailleurs indépendants.
Comme nous l’écrivions en février 2016 (lien à intégrer), le RSA est un échec. Conçu pour favoriser le retour à l’activité, « les allocataires du RSA n’ont fait qu’augmenter, alors que le RSA se voulait justement novateur en favorisant leur retour à l’emploi. Dans la réalité, les aides qui devaient être transitoires deviennent permanentes, et n’offrent pas d’incitation réelle au travail. Le RSA peut même parfois servir de complément au travail au noir. »
L’assistanat généralisé aboutit à une impasse sur le plan fiscal, social et économique ; mais est surtout un véritable désastre humain.
Dans l’intérêt des personnes concernées, la réforme la plus urgente à prendre est de limiter dans le temps toute mesure de prise en charge sociale. Personne ne devrait vivre toute sa vie sous perfusion du RSA, payé par les contribuables.
A quelques temps des élections présidentielles, ce geste démagogique ruineux est surtout une mesure électoraliste envers les jeunes électeurs !
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