Politisé, comme l’a récemment prouvé son rôle dans la mise au point de l’application HelloQuitteX appelant à fuir le réseau social d’Elon Musk après l’élection de Donald Trump, le CNRS vient de faire l’objet d’un rapport de la Cour des comptes.
Bilan : selon la Cour des comptes, le CNRS, deuxième opérateur de l’État en termes d’effectifs après France Travail, dispose de ressources financières surabondantes dans le contexte actuel de dégradation des finances publiques et se révèle incapable de piloter ses ressources.
Cette situation résulte notamment d’une gestion décentralisée entre 1 130 unités mixtes de recherche (UMR) qui prive les tutelles d’une vision d’ensemble des ressources disponibles et de leur emploi.
Toutes comptes faits, l’institution dispose d’une cagnotte de plus de 1,4 milliard d’euros (900 millions de plus en 11 ans) ont calculé les magistrats qui approuvent implicitement la réduction de 100 millions d’euros de la dotation budgétaire allouée en 2025.
Premier organisme de recherche en Europe (4,1 milliards d’euros de budget en 2023) le CNRS est freiné par un carcan administratif et une perte d’attractivité croissante, observent les magistrats financiers.
En témoignent des candidatures de chercheurs en chute de 36 % en 10 ans pour les postes offerts tandis que les concours d’ingénieurs et de techniciens sont quatre fois moins sélectifs qu’il y a 10 ans, relève la Cour.
Ce problème d’attractivité se pose avec d’autant plus d’acuité que près d’un tiers des titulaires a plus de 55 ans.
CNRS : une forte bureaucratie
En matière de ressources humaines, le CNRS est confronté à un triple enjeu d’attractivité des chercheurs, de maintien de compétence sur les métiers d’appui à la recherche et de renouvellement des effectifs dans un contexte de vieillissement.
Résultat, d’ici 10 ans, un risque de déclassement barre l’horizon, perspective dont tout le monde à conscience, mais contre laquelle personne ne lutte vraiment.
L’un des principaux reproches que la Cour adresse à l’institution scientifique concerne la chape administrative qui le recouvre.
La Cour des comptes a réalisé un sondage auprès des 24 plus grandes unités de recherche (il y en a 1 130 au total) et note que la paperasse mobilise de 20 % à 30 % du temps des chercheurs.
Parmi, les exemples chronophages cités, le dispositif des frais de mission qui nécessite la fourniture de tombereaux de justificatifs chaque année.
La Cour déplore aussi des faiblesses « assez sérieuses » dans la protection des systèmes d’information, car l’organisation très décentralisée du CNRS l’expose à des risques de cyberattaque accrus.
Une réponse
Comme disait le général De Gaulle : »En France on a plein de chercheurs qui cherchent, mais beaucoup moins de chercheurs qui trouvent » !
Peu importe, les budgets publics y pourvoient.
Et peu importe nos déficits qui gonflent.
Et peu chaud aussi aux chercheurs du CNRS ; les générations futures paieront la note un jour, … bien plus tard.