Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Le groupe Liot veut étendre le bénéfice de l’AME à Mayotte

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Déjà doté de 1,2 milliard de budget, le coût de l’AME devrait fortement déraper si ce dispositif est étendu à Mayotte, une île où un habitant sur deux est étranger.

Nouveau dérapage des finances publiques à redouter. Le groupe Liot (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) va proposer d’étendre le bénéfice de l’aide médicale d’État (AME) aux étrangers en situation irrégulière installés à Mayotte. 

Une proposition de loi en ce sens sera présentée lors de la « niche parlementaire » de Liot à la mi-mai. Ce texte sera défendu par la députée Estelle Yousouffa. Elle propose également de rapatrier en métropole une partie des mineurs isolés arrivés à Mayotte. 

L’AME est un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins en étant dispensés de toute avance des frais. 

Le nombre de bénéficiaires de l’AME a crû de près de 123 000 personnes entre la fin 2015 et la mi-2023.

Soit une progression de 39 % sur 7 ans et demi, indique un récent rapport gouvernemental. Plus de 460 000 personnes en bénéficient déjà, dont environ 200 000 personnes en région parisienne.  

Pour justifier cette demande d’extension, le groupe Liot fait valoir que Mayotte est le seul département français où l’AME ne s’applique pas, alors même qu’il s’agit du territoire qui compte la plus forte proportion d’étrangers en situation irrégulière. Ce qui « soulève d’importants enjeux de santé publique »

Si Estelle Yousouffa assure que la mise en place de l’AME permettra de dédier une enveloppe spécifique pour les étrangers, elle ne chiffre pas le surcoût de l’extension pour le budget de l’État. Et, la facture est déjà lourde. 

AME : une facture lourde pour le contribuable

En 2024, l’AME a représenté une dépense de 1,2 milliard d’euros pour les contribuables.

Pour 2025, sénateurs et députés réunis en commission mixte paritaire (CMP) se sont accordés sur une baisse des crédits de 111 millions d’euros par rapport au projet de budget initial qui avait grimpé à 1,3 milliard. Ce chiffre maintient les crédits alloués à cette aide à leur niveau de 2024.

Selon le sénateur Vincent Delahaye (Union centriste), rapporteur du budget de Santé au Sénat, le « rythme tendanciel » d’augmentation des dépenses de l’AME depuis plusieurs années est de 5,4% par an. 

Financé par le budget de l’État qui en rembourse le coût à l’Assurance Maladie, ce dispositif est souvent jugé trop généreux par l’opposition de droite. Elle estime qu’il constitue un « appel d’air » pour l’immigration clandestine. 

En 2023, le Sénat a proposé de remplacer l’AME par une aide médicale d’urgence (AMU) focalisée sur « des maladies graves et des douleurs aiguës », et la prophylaxie. Cependant, cette réforme n’a pas abouti. 

L’extension de l’AME à Mayotte devrait pousser le coût du dispositif vers de nouveaux sommets quand on sait que près d’une personne sur deux installée sur l’île est étrangère. 

En 2024, les estimations situaient la population de Mayotte à 321 000 personnes. Le nombre de clandestins laisse vraisemblablement penser que la réalité est supérieure aux chiffres officiels.

Mayotte compte aussi 6 600 « mineurs en risque majeur de désocialisation ».

Une réponse

  1. Et puis quoi encore !
    Macron n’ a qu’un seule chose à faire soit bloquer les arrivants et virer celles et ceux qui ne sont pas en règle.
    Peut être trop simple/

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