Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Finances publiques : la Cour des comptes sonne à nouveau le tocsin

Dans son dernier rapport, la Cour des comptes dresse un diagnostic sévère de l’état des finances publiques françaises. Déficits en hausse, trajectoire budgétaire incertaine, dette incontrôlée, la grande faillite approche.

Malheureusement cantonnée, selon l’expression consacrée,  au rôle d’un chien qui jappe, puisque ses rapports n’ont pas de valeur contraignante, la Cour des comptes vient de publier son dernier rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques. 

Le constat qu’elle livre revêt la forme d’un pic à glace. La France vit une dérive budgétaire inédite par son ampleur et sans aucune justification conjoncturelle. 

Bien qu’aucun choc économique majeur ne soit venu frapper le pays depuis 2 ans, les comptes publics n’ont cessé de se détériorer. 

En 2024, le déficit a même atteint 5,8 % du produit intérieur brut (PIB). Soit le plus fort de la zone euro.

Cette situation résulte d’un enchaînement de choix politiques et de prévisions trop optimistes, estiment les magistrats financiers

Depuis l’automne 2023, trois trajectoires budgétaires différentes ont été successivement présentées par le gouvernement. À chaque fois, les objectifs fixés ont été dépassés. Non pas parce que les plans étaient trop ambitieux, mais parce qu’ils n’ont pas été suivis d’actions concrètes. 

Le pilotage budgétaire donne l’impression de s’être inversé : ce ne sont plus les résultats qui doivent coller aux objectifs, mais les objectifs qui s’ajustent à la réalité, souvent trop tard.

Le cœur du problème se situe dans la dynamique des dépenses publiques, qui progressent plus vite que l’activité économique. 

Finances publiques françaises : une situation incontrôlable

Cette hausse s’est accentuée en 2024, portée notamment par les dépenses sociales – revalorisation des pensions, prestations diverses – et les investissements des collectivités locales. En parallèle, les recettes fiscales ont marqué le pas. 

Même la suppression progressive des mesures de soutien énergétique, qui aurait pu offrir un répit budgétaire, n’a pas suffi à compenser les déséquilibres.

Pour 2025, la situation ne s’annonce guère meilleure.

La réduction du déficit repose essentiellement sur des hausses d’impôts, pour un montant estimé à plus de 20 milliards d’euros, dont une part importante est temporaire ou incertaine, note la Cour. 

Côté dépenses, peu de réformes structurelles sont engagées, et les économies annoncées demeurent floues ou peu crédibles. Les prévisions de croissance, elles aussi, paraissent optimistes dans un contexte international tendu.

La Cour insiste sur un point central. Il ne suffira pas de faire passer le déficit sous la barre des 3% du PIB pour sortir d’affaire.

Il faudra aussi stabiliser, puis réduire, le poids de la dette dans l’économie. Or, ce ratio repart déjà à la hausse, pour atteindre 114 % du PIB. 

Selon les simulations de la Cour, il pourrait continuer à grimper jusqu’en 2029 si aucune mesure radicale n’est prise.

Les comparaisons avec d’autres pays européens sont peu flatteuses. Là où l’Espagne, l’Italie ou le Portugal sont parvenus à réduire leur dette, celle de la France continue à dériver.

Plus l’effort est reporté, plus il faudra un ajustement brutal en cas de retournement des marchés ou de baisse de confiance des créanciers, avertit la juridiction financière.

Remise en ordre des comptes : un impératif 

Pour éviter ce scénario, elle appelle à une remise à plat de la stratégie budgétaire, fondée sur des hypothèses économiques plus prudentes, un retour à un excédent primaire – hors charge de la dette – et des choix politiques clairs. 

Il ne s’agit pas seulement de rééquilibrer les comptes. Mais de rendre soutenable le modèle social français dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires se réduisent comme le bas de laine des contribuables.

3 réponses

  1. Pour faire court, ce pays est géré par des incompétents qui de plus, se servent du malheur des autres pays pour nous détourner plus d’argent.
    Arrêtons de distribuer à tout va à certains pays alors que le notre est en train de s’effondrer, ainsi que certains accords convenus à une certaine époque, plus d’actualité.
    Plus de charges de plus en plus lourdes et ne parlons pas de la fiscalité pesant sur le dos des Français, la balance est totalement déséquilibrée.

    Je suis totalement d’accord sur le fait de réduire certaines dépenses, à commencer par celles de l’état lui-même!

    Devons nous fuir de notre si beau Pays ?

    Nos grands ^parents doivent se retourner dans leur tombe…. Eux qui se sont battus pour nous et reconstruire la France après 1945.

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