Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

La République des copains : ces nominations qui minent la confiance des contribuables

Benjamin Geminel pour pixabay
Najat Vallaud‑Belkacem à la Cour des comptes, Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel, … plusieurs nominations de haut niveau jettent la suspicion sur les rouages de l’appareil institutionnel.

Loin d’être un simple slogan, la République des copains est une réalité tenace que Contribuables Associés dénonce depuis des lustres. Elle s’illustre par une vague continue de nominations à des postes clés de l’État, pour la plupart confiés à des personnalités issues de la gauche ou d’Ensemble !, la coalition présidentielle.

Ces nominations touchent des institutions aussi prestigieuses que la Cour des comptes, le Conseil d’État ou la diplomatie.

Le 16 juillet 2025, le Conseil des ministres a par exemple officialisé la nomination de Najat Vallaud‑Belkacem au rang de conseillère maître à la Cour des comptes, sur proposition du Premier ministre François Bayrou.

Cette nomination est intervenue alors que le gouvernement tentait d’éviter une motion de censure sur son projet de budget 2026, ce qui a alimenté les spéculations d’un possible jeu politique entre Bayrou et le PS .

L’ancienne ministre de l’Éducation nationale a réagi sur X, en affirmant avoir suivi la voie d’un « appel à candidatures ». Le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a, quant à lui, souligné le caractère institutionnel et collectif de la procédure de sélection, sans convaincre grand monde.

Dans la même veine, d’autres mouvements internes ont été enregistrés. Entre autres, Patricia Crifo, proche des écologistes, Thierry Mosimann, ancien directeur des sports sous le gouvernement Hollande ou encore Bruno Maquart, ancien directeur de cabinet de Marisol Touraine (ministre des Affaires sociales et de la Santé de 2013 à 2015),  ont été nommés conseillers maîtres à la Cour des comptes.

Des nominations importantes au sein de l’administration territoriale et de la justice ont aussi été validées lors du Conseil des ministres du 30 juillet dernier (Polynésie française, Loire, Guadeloupe, Drôme, Mayenne, Hauts-de-Seine, etc.), ainsi que des postes élevés de commandement dans la gendarmerie nationale.

Au Conseil constitutionnel, Richard Ferrand est devenu président en mars 2025, sa nomination ayant été approuvée de justesse grâce à l’abstention du Rassemblement National. Depuis mars, Aurélie Bretonneau, conseillère d’État de carrière y occupe la fonction de secrétaire générale.

On se souvient aussi de la nomination controversée de la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault (MoDem), sans compétences juridiques, pour siéger au Conseil constitutionnel sur nomination d’Emmanuel Macron.

Autre cas emblématique, celui de Pap Ndiaye. Quelques jours après son départ du ministère de l’Éducation nationale en juillet 2023, il a été nommé ambassadeur et représentant permanent de la France auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg. Cette nomination a été immédiatement qualifiée de « fait du prince » par les oppositions.

Le phénomène ne se limite pas aux anciens ministres. Il s’étend aux collaborateurs les plus proches du pouvoir. Au début de l’année 2024, plusieurs conseillers de l’ancien Premier ministre Gabriel Attal ont été nommés dans de grands corps de l’État, notamment à l’Inspection générale des finances et à la Cour des comptes.

Ces nominations, légales, ont été dénoncées par des figures comme François Ruffin comme un symbole du « pantouflage » et de la reproduction des élites, où le passage en cabinet ministériel devient un accélérateur de carrière vers les plus hautes sphères de l’administration, court-circuitant les voies d’accès plus traditionnelles.

Le Conseil d’État, juge suprême de l’administration, n’est pas épargné par ces critiques. La procédure du « tour extérieur » y est particulièrement scrutée. Conçue pour diversifier les profils en intégrant des personnalités extérieures au corps, elle est souvent perçue comme la porte d’entrée privilégiée pour les alliés du pouvoir.

On se souvient qu’en 2020, le Premier ministre d’alors, Édouard Philippe, avait nommé deux de ses proches collaboratrices au Conseil d’État et à la Cour des comptes.

La porosité croissante entre les sphères politique et administrative brouille les lignes et alimente le soupçon de conflits d’intérêts.

Les nominations de Clément Beaune au Haut-commissariat au Plan ou de Sarah El Haïry, ancienne ministre déléguée chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles recasée au Haut-commissariat à l’Enfance depuis 2025 participent de la même logique : assurer une continuité de fonction et de statut à des figures politiques serviables.

3 réponses

  1. Tout cela est assez révoltant : des gens qui vivent toute leur vie d’argent public, passent d’un poste à l’autre, font des belles réunions, produisent du  »beau-parler » prolongé par des discussions d’après colloques ou séminaire, entre amis , en entre soi, agrémentées de petits fours au buffet, tout en percevant bien sûr des indemnités de fin de mois sur le dos de nos dettes publiques refilées éhontément aux générations futures.
    Combien seraient capables de diriger une boite privée, de la faire survivre dans le monde mondialisé actuel et de faire rentrer du chiffre d’affaires de nature à rendre la boite bénéficaiare et pérenne ?

  2. Avons nous vraiment besoin de cette élite. Vu l’état catastrophique du pays dans tous les domaines, ne pourrions nous pas nous passer de ces emplois couteux. Ne nommons personne et ça ne sera pas pire.

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