Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Dette de la France : le coût de l’irresponsabilité

© Trez / Contribuables Associés
dette publique
La France emprunte désormais plus cher que presque tous ses voisins : le rendement de l’OAT (obligation assimilable du Trésor) 30 ans a bondi à 4,513 % début septembre du jamais-vu depuis 2011.

Début septembre, le taux des obligations d’État à 30 ans a frôlé 4,51 % (contre + ou – 3 % l’an dernier), tandis que le taux à 10 ans est monté autour de 3,57 %.

Incapacité des gouvernements à contenir déficit et dépenses, danse du ventre budgétaire, les taux longs connaissent une flambée inédite et cette situation aura des retombées néfastes pour les contribuables.

Cette hausse inquiétante survient dans un contexte d’incertitudes croissantes quant à la situation politique et budgétaire en France, dans l’attente du vote de confiance de François Bayrou le 8 septembre à l’Assemblée nationale.

Selon Aurélien Buffault (Delubac AM), interviewé par l’AFP, cette poussée est « un signe très négatif de défiance » des investisseurs.

Les marchés redoutent qu’une paralysie politique ne contrecarre les tentatives de redressement budgétaire.

La France est isolée

En Allemagne, plus vertueuse, les Bunds à 30 ans se traitent autour de 3,40%. L’Italie, malgré une dette titanesque (+ ou – 140 % du PIB), emprunte également à des taux moindres grâce à ses récents efforts de rigueur budgétaire.

D’autres grands pays de la zone euro (Espagne, Pays-Bas, etc.) obtiennent des taux d’emprunt inférieurs au niveau français.

Cette différence de coût s’explique par des pratiques budgétaires divergentes. L’Allemagne a vu sa dette publique tomber autour de 62 % du PIB (fin 2024) tandis que celle de la France atteint 114%.

La France se positionne comme le 3e pays le plus endetté de l’UE, derrière la Grèce et l’Italie, avec une moyenne de l’UE de 81,0% (87,4% pour la zone euro).

Le manque de rigueur hexagonal a provoqué une dégradation des agences de notation. S&P a notamment placé la France à AA– en 2024, et Moody’s l’a retoquée à Aa3 (perspective stable).

Toutes les agences dénoncent l’absence de stratégie crédible de désendettement de Paris et estiment que la trajectoire budgétaire française manque de clarté.

Au contribuable de régler l’addition !

La dette publique de la France culminait à près de 3 345 milliards d’euros au 1er trimestre 2025 (114,1 % du PIB). Pour la financer, l’État paye des intérêts colossaux : 59 milliards d’euros en 2024, et près de 67 milliards attendus en 2025.

Chaque point de base supplémentaire sur les taux obligataires renchérit le coût du service de la dette. Pour absorber ces coûts, le gouvernement devra soit augmenter les impôts et les cotisations (hausse des prélèvements obligatoires), soit rogner massivement dans les dépenses publiques.

Du chômage partiel aux retraites, de la « transition » écologique au pouvoir d’achat, les arbitrages seront douloureux.

Pour le contribuable, l’irresponsabilité cumulée au fil des budgets, finira par se payer… comptant.

2 réponses

  1. Rien de plus logique que ce risque de dégradation. A la limite, on aurait été dégradé plus tôt que ça nous aurait rendu service.
    Et tout le monde doit participer au redressement de nos comptes publics, retraités compris. Les trente glorieuses, c’était 1945-1975. Les dettes infernales et exponentielles, c’est 1980-2025. Ce sont 2 choses différentes.
    Il faut soutenir F. Bayrou même si ses prévisions budgétaires sont incomplètes et partielles, et même aussi partiales. Ce qui n’est pas ciblé cette année le sera l’année prochaine, ou l’année suivante, vu les écarts recettes-dépenses à combler (130 milliards €.).
    Tous les partis, de l’extrême gauche à l’extrême droite, qui font de l’obstruction ou de la critique idéologique, sont plus dans le carriérisme politicien, les postes à conquérir, que dans le souci de l’intérêt du pays.
    Les bisbilles des beaux parleurs et les journalistes qui en remettent une couche pour attiser les polémiques, il y a un moment où il faut laisser cela au second plan.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *