Un cas d’école du gaspillage d’argent public : à Bust, la rentrée scolaire a pris des allures de mauvais gag. Pendant deux ans, la commune a mené un chantier d’envergure. Près de 200 000 euros ont été investis pour rénover l’école communale.
Cet argent a été utilisé pour transformer l’établissement en modèle d’efficacité énergétique et d’accessibilité.
Isolation neuve, système de ventilation moderne, poêle à pellets en remplacement du vieux chauffage au fioul… « Hormis le sol, tout a été refait », a détaillé le maire au micro de France 3 Alsace.
Mais voilà : la peinture tout juste sèche, l’académie de Strasbourg a décidé de supprimer les 2 postes d’enseignants affectés à Bust, préférant regrouper les classes avec les villages voisins.
Motif invoqué par le recteur, cité par France 3 : « la baisse démographique », qui ne permettrait plus de justifier six classes pour une soixantaine d’élèves répartis entre plusieurs communes.
Pour les habitants, cette logique technocratique laisse un goût amer. « Déjà qu’on n’a plus d’épicerie… L’école, c’était la seule chose qui restait », souligne une villageoise interrogée par BFMTV.
Ecole de Bust : le maire ne décolère pas
Les contribuables de ce village de 500 âmes ont de quoi être furax : pourquoi engager de lourds travaux, financés pour plus de la moitié sur les fonds de la commune, si la fermeture de l’école se profilait déjà ?
Le maire ne décolère pas. Selon lui, l’investissement consenti « n’a jamais été pris en compte » par l’Académie.
La commune a saisi le tribunal administratif pour tenter de suspendre la décision.
Mais, d’après France 3, la justice n’examinera pas le dossier avant l’an prochain. En attendant, Bust se retrouve donc avec une école flambant neuve condamnée à rester vide.
Cette histoire illustre une fracture inquiétante entre l’Éducation nationale qui raisonne en termes de chiffres et de ratios et, un village qui voit disparaître son dernier service public, tout en réglant la facture.