Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Carburants : la flambée des prix a déjà rapporté 400 millions à l’État

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En refusant une aide généralisée aux automobilistes, le gouvernement laisse couver un choc économique et social qui pourrait coûter beaucoup plus cher que les mesures d’urgence qu’il écarte aujourd’hui.

Au mardi 21 avril, le gazole s’affiche autour de 2,20 euros le litre, tandis que les essences repassent nettement au-dessus des 2 euros , avec un SP95-E10 proche de 2,03 euros. Des niveaux très proches des sommets atteints en 2022. Mais derrière ces chiffres visibles, une autre réalité progresse, plus discrète : celle des recettes fiscales.

Une perte sèche pour les contribuables, un plein heureux pour l’État

Plus le prix du brut monte, plus le prix final augmente, et plus la TVA, fixée à 20 %, génère des recettes pour l’État.

Chaque hausse de 10 centimes du prix au litre rapporte environ 1,7 centime de TVA supplémentaire.

Depuis fin février, la hausse cumulée atteint environ 35 à 45 centimes selon les carburants routiers. En croisant ces évolutions avec les volumes mensuels de consommation (3,5 à 4 milliards de litres) le surplus brut de TVA dépasse 340 à 370 millions d’euros à la date du 21 avril.

À cela s’ajoute l’effet des certificats d’économies d’énergie. Depuis janvier, ils alourdissent les prix de 4 à 6 centimes par litre. Et là encore, la TVA s’applique. Ce qui représente environ 25 à 35 millions d’euros de recettes supplémentaires chaque mois, indépendamment de la crise actuelle.

Au total, la flambée du brut enclenchée fin février a déjà généré près de 400 millions d’euros de recettes fiscales additionnelles.

Dans le même temps, la réponse de l’État reste timide. Contrairement à d’autres pays européens (Allemagne, Italie, Espagne, Portugal ) qui ont temporairement baissé les taxes ou plafonné les prix, la France privilégie des aides ciblées et refuse toute remise générale à la pompe.

L’inaction de l’État au détriment des contribuables

Le choc le plus rude frappe les ménages. Avec un plein en hausse de 20 à 30 euros en quelques semaines, la facture annuelle peut grimper de 600 à 800 euros pour un automobiliste moyen.

À l’échelle de millions de foyers, cela représente un pouvoir d’achat amputé de plusieurs milliards d’euros.

Pour les entreprises, la situation est également dévastatrice. Hausse des coûts de transport, renchérissement des matières premières et pression sur les marges.

Certaines PME commencent déjà à différer leurs investissements ou à répercuter les hausses sur leurs prix, alimentant un nouveau cycle inflationniste. À terme, ce sont aussi des embauches gelées et des faillites dans les secteurs les plus exposés.

La facture sociale pourrait dépasser 20 milliards d’euros si l’on cumule l’impact sur les ménages (6 à 8 milliards de pouvoir d’achat en moins), les entreprises (10 à 14 milliards), sans oublier le recul du PIB (évalué à 6 milliards d’euros).

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2 réponses

  1. On n’est pas l’Allemagne ou mieux la Suisse qui ont respectivement 65 et 35 % de dettes publiques sur PIB.
    On a besoin de renflouer nos caisses publiques.
    Eventuellement quelques petites aides très, très, très ciblées, sans plus, à mon sens.
    En tout cas plus de  »quoi qu’il en coûte ! », inepte et complètement irresponsable.
    D’ailleurs y a t il des aides carburant en Suisse, tiens ? Pays qui lui sait tenir ses comptes publics et à qui C.A. fait souvent référence !

  2. J’entends le chiffre de 180 à 200 millions €. mensuels pour cette aide carburant ciblée. Ca commence à faire. Si ça dure 1 an on est sur du 2 milliards €. annuels d’argent à sortir.
    C’est trop. On évoque maintenant un déficit public supérieur à 5% du PIB pour 2026.
    A chaque fois depuis 50 ans c’est pareil : que des dépenses publiques en plus, et jamais des dépenses publiques en moins en face. Mais toujours davantage de dettes, ça oui.
    Face à cela, un leitmotiv devrait prévaloir : les sous ne sont pas préalablement PROVISIONNES dans les caisses publiques > on ne fait pas ! Autrement dit : la règle d’or prônée par C.A. sous une autre forme.
    Le coup du  »c’est financé par … une taxe, une compensation quelconque, … » annoncé à la cantonade par le politicien en charge du projet de dépense publique pour le faire mieux accepter, on connaît. En réalité, ça n’existe pas.
    Donc, les sous en caisse existants par avance, oui . Les sous possiblement à rentrer dans les caisses publiques, potentiellement, éventuellement, le cas échéant, un jour viendra, par ruissellement rêvé, si tout va bien, en croisant les doigts, selon les économistes les plus avertis ou selon les études les plus sérieuses, etc, non !

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