A des milliers de kilomètres du front iranien, les automobilistes européens font office de victimes collatérales. Depuis le début de la guerre, le prix du baril de pétrole (Brent) est passé de 70 dollars (fin févier) à 100/104 dollars (24 mars) avec à un pic à 112 dollars (10/20 mars).
A la pompe, le prix du litre de gazole a de quoi déprimer ceux qui utilisent leur véhicule pour aller travailler.
Il a fait un bond de 1,72 à plus de 2 euros le litre, voire 2,20/2,60 euros dans certaines stations alors que le super 98 se vend a plus de 2 euros par le litre.
« La hausse des carburants rogne immédiatement le pouvoir d’achat, parce que les salaires ne sont pas indexés », souligne Céline Antonin (Observatoire Français des Conjonctures Économiques) dans un entretien au Nouvel Obs, en avertissant que la classe moyenne sera « la plus directement touchée ».
Un peu partout en Europe, les gouvernements ont tenté de limiter la facture en adoptant des mesures d’urgence.
Berlin a donné le ton en réduisant temporairement les taxes et en gelant des « contributions » énergétiques.
Même logique aux Pays-Bas où l’État a réduit les taxes sur les carburants (accises) pour alléger le prix à la pompe.
Rome a également réduit les droits d’accises, ce qui se traduit par une baisse de 25 centimes par litre, selon les données officielles. Cet allégement d’une durée initiale de 20 jours pourrait être reconduit. En parallèle, un crédit d’impôt a été accordé aux transporteurs pour éviter que la hausse ne se répercute sur les prix alimentaires et les biens.
Même volontarisme en Espagne qui se prépare à une intervention massive. Début mars, l’état a annoncé qu’il baisserait la TVA sur les carburants de 21 à 10%, réduirait les taxes et verserait une aide de 0,20 centimes par litre à plusieurs secteurs (transport, agriculture, etc.).
Si Londres, n’a pas mis en place de mesure exceptionnelle, le gouvernement a maintenu le gel des taxes sur les carburants jusqu’à l’été 2026.
Hors d’Europe, la Chine où les prix à la pompe sont fixés par l’état, a limité la hausse à 50% du prix de marché, soit un gain de plus ou moins 6 dollars pour un plein de 50 litres.
Face à ces mesures volontaristes, la France s’est contentée d’annoncer un plan de contrôle dans les stations-service qui n’a débouché sur rien.
Bercy a aussi déclaré faire pression sur les distributeurs, en obtenant des engagements privés comme celui de Total Énergies qui a plafonné le litre de diesel à… 2,09 euros (contre 1,99 euro initialement prévu) !
A ce jour, contrairement à l’Italie, à l’Espagne ou aux Pays-Bas, aucune réduction de TVA ou d’accises n’a été décidée, Matignon se contentant d’évoquer une « évolution des dispositifs » si la crise dure.
La France dit manquer de moyens pour soutenir les automobilistes. C’est peut-être moins faute d’argent que de choix : en réduisant certaines dépenses non prioritaires et le train de vie de l’État, elle pourrait sans doute dégager des marges suffisantes pour amortir le choc à la pompe et soutenir l’économie.
2 réponses
Le journaliste Yoann Usai est reconnu pour la rigueur de son analyse économique. TB.
Sur C.NEWS, Il défend le gouvernement en disant : « qu’il n’est pas un profiteur de crise. Les taxes augmentent mais comme il vend moins … il ne gagne pas plus. »
Peut-il nous en apporter la preuve ?
(1) – Si, un, réflexe de s’est déclenché dans ma petite tête :
si Le % des taxes ne change pas quel que soit le prix du litre. …. OK.
Il se dit que ce % est à 60 % …. toujours OK..
(2) – donc et toujours si le prix du litre est à 1.80 € , l’Etat gagne : 1.8 / 160 x 60 = 0.675 €
pour une consommation de 1000 litres, l’ État gagne : 675 €.
(3) –L’essence a augmenté (peu importe la raison) Il est 2.20 pour être raisonnable.
donc : notre État gagne : 2.20 / 1.6. x 60 = 0.825 €.
pour une consommation de 1000 litres, l’ État gagne ; 825 €.
(4) – OK. la consommation baisse. supposition : 10 % … au lieu de 1 000 litres il n’en a vendu que 900. Voyons voir de que ça donne :
1er cas : ça ne change pas …………………. l’ État gagne : 675.00 €.
2ème cas : 900 litres x .825 = ……………. l’ État gagne : 742.00 €.
Merci de ramener à la consommation réelle.
à combien faudrait-il réduire la consommation pour que cette incidence soit nulle pour l’État ?
Quant aux consommateurs qui continueront de consommer par obligation ….sans commentaire.
Ces histoires de % nous prendront toujours au dépourvu … même si la bise n’était pas venue.
Merci de votre attention
François