Être propriétaire, c’est entretenir un logement dont le premier occupant est le fisc.
Selon les dernières statistiques de la DGFiP – Direction générale des Finances publiques *, la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) a progressé de 2,8 % en 2025, taxes annexes et frais de gestion compris, portant le total toutes composantes confondues – bâti et non-bâti – à une hausse de 2,4 %.
La TFPB a représenté une collecte fiscale de 55,1 milliards d’euros en 2025. La taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) est de 2,7 milliards d’euros en 2025, soit un montant total pour la taxe foncière de 57,8 milliards prélevés sur les Français.
L’augmentation est moins radicale que les + 9,7 % de 2023 ou les + 5,4 % de 2024. Mais, pour les propriétaires, la mécanique continue de produire des effets dévastateurs, alors que salaire et pensions de retraite piétinent.
Taxe foncière : une inflation fiscale
Le principal moteur reste la revalorisation automatique des valeurs locatives cadastrales, indexées sur l’inflation : elle pèse 1,7 point sur la TFPB.
Pour mémoire, les valeurs locatives cadastrales (VLC) sont des estimations administratives du loyer théorique annuel d’un bien immobilier, notamment utilisées par le fisc pour calculer la taxe foncière. Ces valeurs sont établies à partir de critères parfois hérités des années 1970.
L’augmentation du parc taxable (nouvelles constructions, biens revalorisés après travaux) contribue pour 0,9 point supplémentaire.
À un an des municipales, les collectivités ont en revanche très peu bougé leurs taux : l’effet taux ne représente que 0,2 point.
Plusieurs observateurs estiment qu’après les municipales de 2026, beaucoup de communes pourraient retrouver davantage de marge politique pour relever les taux portant sur la part communale, la part intercommunale, les taxes spéciales additionnelles, etc.
En moyenne, en 2025, un particulier acquittait 1 117 euros de taxe foncière.
Cette moyenne masque de vastes écarts. Dans certains territoires urbains, notamment en Île-de-France, sur le littoral méditerranéen ou dans les Alpes, le montant de la taxe dépasse 9 euros/annuel par m². À l’inverse, certaines intercommunalités rurales restent sous les 2 euros.
Les propriétaires de locaux industriels voient leur imposition grimper plus vite encore : + 4,7 % en un an. Les sociétés civiles immobilières (SCI) sont particulièrement étrillées. La taxe foncière de ces SCI qui permettent à plusieurs personnes de posséder et gérer un bien immobilier, augmente de 3,9 %, plus vite que la moyenne nationale. Elles représentent désormais 13,1 % du produit total.
Taxe foncière : l’État prélève des frais de gestion
Autre réalité peu visible, mais spoliatrice : les frais de gestion prélevés par l’État.
Selon la DGFiP, ils varient de 3 % à 9 % selon les composantes de la taxe.
Une ligne souvent ignorée des contribuables, mais intégrée à la facture finale.
Quelques rares territoires enregistrent une baisse du montant par m² (logements), mais ils restent marginaux : 40 intercommunalités sur 1 255. Soit, environ 3,2 %.
Pour les locaux professionnels non industriels, les variations sont plus erratiques, avec 318 intercommunalités en recul. Environ 25 % de l’ensemble.
Seule éclaircie en 2025 : la taxe foncière sur les propriétés non bâties diminue de 5,8 % grâce à l’augmentation de l’exonération sur les terres agricoles, portée de 20 % à 30 % par la loi de finances.
* DGFiP Statistiques, Les taxes foncières en 2025, n°46, mai 2026.
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