Pourquoi les contribuables français devraient-ils continuer à financer massivement des études supérieures quasiment gratuites pour des étudiants venus du monde entier, alors que les finances publiques sont exsangues ?
Les études pour les étrangers étrangers au frais du contribuable
Un pas en avant, deux pas en arrière : le gouvernement avait promis un tour de vis. Il sera finalement plus modeste qu’annoncé. Après avoir affirmé début avril que 90 % des étudiants extracommunautaires paieraient des droits d’inscription relevés dès la rentrée 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a largement rétropédalé.
La proportion tombera à 70 % cette année, avant une montée progressive jusqu’à 80 % en 2028. Les universités pourront continuer à exonérer une part importante de ces étudiants.
Derrière ce recul, une réalité budgétaire : selon le ministère de l’Enseignement supérieur, les nouveaux droits différenciés – 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master – couvrent à peine 30 % du coût réel de la formation.
Selon la Cour des comptes, les droits universitaires non perçus représentent un manque à gagner de 308 millions d’euros par an pour les contribuables.
Et la facture devient de plus en plus lourde. La France héberge désormais 443 500 étudiants étrangers (chiffre 2024-2025), soit près de 15 % de l’ensemble des effectifs étudiants, avec un objectif gouvernemental de 500 000 à l’horizon 2027.
Au moment où l’exécutif explique ne plus avoir les moyens d’alléger durablement les taxes sur les carburants ou de desserrer l’étau fiscal pesant sur les ménages, il continue de maintenir l’un des systèmes universitaires les plus subventionnés au monde pour les étudiants extracommunautaires.
La France fait figure d’exception pour les étudiants étrangers
Dans la plupart des grands pays d’accueil, les étudiants internationaux paient des frais nettement supérieurs à ceux des nationaux.
L’OCDE rappelle que la majorité des pays développés pratiquent désormais cette différenciation tarifaire. Au Royaume-Uni, au Canada, en Australie ou aux États-Unis, les frais dépassent parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros par an.
Même en Europe, la gratuité intégrale devient rare : la Suède facture plusieurs milliers d’euros aux étudiants non européens, la Belgique applique déjà des droits renforcés et l’Autriche ou les Pays-Bas ont durci leurs politiques tarifaires.
Dans un pays dont la dette publique avoisine désormais les 3 500 milliards d’euros, chaque dépense devient un arbitrage et, comme de coutume, ce sont les contribuables français qui seront pénalisés in fine par le manque de fermeté de l’exécutif.
Sans compter que les inscriptions universitaires jouent parfois un rôle de régularisation indirecte.
Plusieurs responsables politiques considèrent que certaines filières universitaires servent aussi de porte d’entrée vers une installation durable en France, via les changements de statut étudiant vers salarié ou les régularisations ultérieures.
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