Chaque trimestre, la pente devient un peu plus raide.
Dette publique : plus de 1 300 milliards d’euros depuis 2017
Selon les chiffres publiés par l’Insee, la dette publique française a atteint 3 536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB.
En trois mois seulement, elle s’est encore alourdie de 75,6 milliards d’euros.
Un nouveau record qui intervient à quelques semaines de la préparation du budget 2027 et alors que les agences de notation surveillent de près les finances tricolores.
Le contraste est saisissant avec le début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron.
Lors de son arrivée à l’Élysée, au printemps 2017, la dette publique s’élevait à 2 231,7 milliards d’euros, soit 99,2 % du PIB.
Neuf ans plus tard, elle dépasse désormais 3 500 milliards d’euros.
Plus de 1 300 milliards d’euros supplémentaires se sont accumulés, conséquence du « quoi qu’il en coûte », des crises successives, mais aussi de déficits qui n’ont jamais retrouvé un niveau compatible avec une stabilisation durable des comptes publics.
Dette publique : la France décroche en zone euro
Plus inquiétant encore, la France décroche désormais par rapport à ses partenaires.
Entre 2019 et 2025, sa dette a progressé plus rapidement que celle de presque tous les autres pays européens : une hausse de 17,4 points de PIB, la deuxième plus forte de la zone euro après la Finlande.
Avec un déficit public de 5,1 % du PIB en 2025, la France affiche le deuxième plus mauvais résultat de la zone euro, derrière la Belgique (5,2 %). Son endettement représente désormais le troisième ratio le plus élevé de l’Union européenne, derrière la Grèce (146,1 %) et l’Italie (137,1 %).
Même ces deux pays, longtemps considérés comme les mauvais élèves de l’Europe, ont engagé une trajectoire de redressement plus convaincante.
Cette dérive a un prix.
La charge annuelle des intérêts de l’État atteint désormais plus de 53 milliards d’euros et devrait avoisiner 64 milliards en 2026, avant de pouvoir franchir le seuil des 100 milliards dans les prochaines années si les taux demeurent élevés.
Chaque nouvelle dégradation de la confiance des marchés renchérit le coût de financement de l’État.
Les prochains rendez-vous avec les agences de notation approchent.
Après plusieurs dégradations depuis 2023 (Fitch, puis Standard & Poor’s) et le maintien d’une perspective négative par Moody’s en avril 2026, une nouvelle sanction n’est plus exclue si le futur budget ne convainc pas de la capacité du pays à enrayer enfin la spirale de l’endettement.
À moins d’un an de l’élection présidentielle, le prochain locataire de l’Élysée héritera ainsi de finances publiques parmi les plus dégradées de l’histoire contemporaine.
Pour comprendre comment la dépense publique a creusé ce gouffre, Le Livre noir de l’Argent public en décrypte les rouages.


