Les contribuables ont au moins un droit avant de glisser leur bulletin dans l’urne : savoir à quelle sauce on promet de les manger.
À sept mois du premier tour, les lignes fiscales se séparent nettement.
Jean-Luc Mélenchon assume le retour de la progressivité de l’ISF et d’une taxation accrue des héritages. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier ciblent d’abord les très gros patrimoines.
Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Gabriel Attal et David Lisnard misent au contraire sur la baisse ou la stabilité des prélèvements, surtout sur le travail et les entreprises.
Marine Le Pen combine baisse des impôts de production et création d’un impôt sur la fortune financière.
Plusieurs programmes restent encore incomplets, dont celui de Xavier Bertrand.
Présidentielle 2027 : ce que les principaux candidats proposent déjà
Présidentielle 2027 : ils parlent de fiscalité
Ces déclarations émanent soit de candidats déjà engagés dans la course à l’Élysée, soit de responsables portant la ligne fiscale de leur formation durant la campagne.
– Olivier Faure, premier secrétaire du PS et candidat à la primaire de la gauche sociale-démocrate : « L’impôt n’est pas une punition. »
– David Lisnard (Nouvelle Énergie), candidat déclaré à la présidentielle : « Un impôt juste n’est pas un impôt qui punit la réussite. »
– Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat officiellement désigné par son parti : « La France est ce beau pays où l’État se sert avant que l’entreprise n’ait gagné le moindre euro. »
– Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et candidat à la présidentielle : « La France n’est un paradis fiscal pour personne. »
– Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement National à l’Assemblée nationale et candidate : « Nous supprimerons les “impôts paperasse” : 130 impôts improductifs, qui rapportent si peu et qui pèsent sur nos entreprises. C’est cela aussi la simplification, que réclament à juste titre les entreprises. »
– Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique et candidat déclaré : « Il y a un problème quand on taxe plus le travail que l’héritage. »
– Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré de La France Insoumise : « Pour que les petits payent petit et que les gros payent gros. »
– Édouard Philippe, président d’Horizons et candidat à la présidentielle : « Pas de nouvelle norme et de nouvel impôt sur le quinquennat. »
– François Ruffin, président du mouvement Debout ! et candidat déclaré : « Plus question [que les milliardaires] paient moins d’impôts que les infirmières ! ». Il promet des « États généraux de la fiscalité ».


Une réponse
Il y a des bonnes propositions chez tout le monde. Remettre 2 tranches d’IRPP en plus, plafonné à 50 %, le rendre plus progressif vers le haut, ne pas le faire plafonner dès les classes moyennes comme actuellement et le faire payer par plus de 45 % des français comme actuellement est sensé. Et d’autres moins bonnes. En exonérer les moins de 30 ans comme le dit MLP : pour quelle raison ? Les footeux et autres sportifs célèbres vont être contents. Et puis suppression de tout un tas d’abattements comme les 10 % sur les pensions de retraite (pour frais professionnels, SVP).
-Patrimoine et capital : un ISF sans distinction du type de capital détenu fait aussi sens. Pourquoi distinguer ? La justification du ruissellement a fait flop.
-Succession : la progressivité fait aussi sens. On est loin de l’idée américaine consistant à dire que les enfants doivent se réaliser par eux mêmes et peuvent être déshérités.
-Et pour les entreprises, là non, pas de progressivité. Une entreprise est faite pour faire du bénéfice, grande ou petite ; ce sont les bénéficiaires actionnaires qui profitent des subsides et qui sont taxés à due proportion des dividendes ou autres avantages perçus (avec d’ailleurs la double option actuelle, flat taxe ou progressivité qui pose un peu question), ce n’est pas l’entreprise qui est une entité abstraite, ontologiquement faite pour se développer et créer de la richesse profitable au pays. Donc flat taxe I.S. harmonisée avec ce qui se passe à l’étranger pour éviter les distorsions de concurrence.
Bon tout ça passe bien sûr largement après la baisse de voilure de la sphère publique. Il serait souhaitable qu’il n’y ait pas plus de 50% du PIB pour les dépenses publiques. Cela étant dans la situation actuelle, il y a 130 milliards €. de delta déficitaire à trouver, économies prioritairement, ressources éventuelles en sus en second lieu : une paille !