Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables

Nantes : Plante ton slip et l’argent des contribuables

New Africa/Shutterstock
À Nantes, la municipalité a trouvé une nouvelle façon d'occuper ses agents et ses budgets : enterrer des sous-vêtements dans les parcs publics.

Tout commence, comme souvent, par une campagne de l’Agence de la transition écologique (ADEME).

En décembre 2020, cet organisme public – financé par nos impôts – lance « Plante ton slip », elle-même inspirée d’une initiative canadienne de 2016. Depuis, le concept essaime dans les collectivités françaises, qui le déclinent localement avec leurs propres moyens humains, logistiques et financiers.

29 slips, des associations, des agents municipaux : bienvenue dans la politique publique version 2026

L’opération « Plante ton slip » n’est pas une blague. C’est une politique publique assumée, par un communiqué officiel, une programmation sur plusieurs mois, et une exposition prévue en septembre à La Folie des Plantes.

Mobilisation d’agents territoriaux, coordination associative (et les subventions qui vont avec), communication institutionnelle : tout cela a un coût. Lequel ? Mystère. Comme souvent.

On imagine les réunions. Les validations. Les briefs créatifs. Les frais de communication. Tout cela pour expliquer aux Français que les vers de terre existent.

Ce qui devrait scandaliser n’est pas tant le slip que le silence budgétaire qui l’entoure

Combien coûte, au total, la déclinaison nantaise de cette opération ? Rémunération des associations partenaires, temps de travail des agents municipaux, coût de l’exposition en septembre, frais de communication : aucune ligne chiffrée dans le communiqué de la Ville.

Nantes, comme la grande majorité des grandes métropoles françaises, a augmenté ses impôts locaux ces dernières années. Les Nantais font face à une pression fiscale croissante, à des services publics sous tension, à des infrastructures vieillissantes, à une ville insécure.

Dans ce contexte, flécher de l’argent public vers l’enterrement cérémoniel de sous-vêtements en coton relève d’un manque de sens des priorités difficile à défendre.

Planter des slips n’est pas une politique. C’est une opération de communication déguisée en initiative citoyenne, financée par des gens qui n’ont pas été consultés.

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